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Effet Dehnel : quand les mammifères réduisent significativement leur taille pour survivre à l’hiver

Étudiées chez les musaraignes et les taupes, ces réductions saisonnières pourraient inspirer la recherche médicale

— © Maulwurf Ylf / Wikimedia Commons

Pour survivre aux rigueurs de l’hiver, les animaux ont développé tout un éventail de stratégies aussi surprenantes qu’efficaces. On s’intéresse aujourd’hui à l’une des plus extrêmes : l’effet Dehnel.

Une stratégie de survie spectaculaire

Décrit pour la première fois au milieu du XXᵉ siècle, l’effet Dehnel a depuis été observé chez une poignée de mammifères. Concrètement, avant le début de la saison froide, ceux-ci vont réduire leur volume corporel jusqu’à 20 %, avec non seulement une perte de poids, mais également une diminution physique de la taille de leurs os, leurs organes et leurs tissus. Puis, au printemps, ils retrouvent leurs mensurations initiales, voire dans certains cas les dépassent.

Ce phénomène se caractérise par une réduction de la densité des cellules osseuses, cérébrales et organiques, ce qui permet à ces animaux de limiter significativement leurs besoins énergétiques pendant l’hiver.

S’il avait été découvert chez des musaraignes, leur durée de vie d’environ 13 mois impliquait qu’elles ne le subissent qu’une seule fois. Il y a quelques années, des chercheurs se sont par conséquent donc vers des créatures présentant une longévité supérieure : les taupes. Publiée dans la revue Royal Society Open Science, l’étude visait principalement à déterminer si le phénomène découlait uniquement d’un manque de ressources.

— Rost9 / Shutterstock.com

L’influence du climat

L’équipe a étudié les taupes européennes (Talpa europaea) et ibériques (Talpa occidentalis), n’hibernant pas et affichant une dépense énergétique élevée durant la période hivernale, mais prospérant sous des climats différents et aux cycles de reproduction distincts.

Chez les premières, il s’est avéré que la hauteur du crâne suivait un schéma saisonnier tout au long de leur existence. Plus grand en été, il atteignait sa taille minimale en novembre de leur première année de vie (avec une réduction de l’ordre de 11 %). L’absence d’un tel phénomène chez T. occidentalis a par ailleurs permis de confirmer l’influence des conditions climatiques sur celui-ci.

Ces découvertes vont au-delà du cadre de la biologie animale. Comme l’expliquent les chercheurs, le fait que trois groupes de mammifères phylogénétiquement assez éloignés puissent réduire puis régénérer leurs tissus osseux et cérébraux suggère des pistes potentielles pour le traitement d’affections telles qu’Alzheimer et l’ostéoporose.

De manière similaire, il s’avère que certains oiseaux migrateurs « s’auto-cannibalisent » pour accomplir leurs migrations record.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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