Une tension géopolitique loin des champs agricoles provoque une onde de choc silencieuse. Pourtant, derrière le pétrole, un autre flux vital vacille. Il s’agit des fertilisants. Ainsi, la stabilité alimentaire de millions de personnes déjà sous pression se fragilise encore davantage.

Pourquoi le blocage du détroit d’Ormuz menace directement les engrais agricoles mondiaux
Le détroit d’Ormuz ne transporte pas seulement du pétrole. En réalité, il constitue aussi un passage stratégique pour les fertilisants. Ainsi, environ 30 % de ces produits transitent par le Golfe. Cela en fait donc un maillon critique de la chaîne d’approvisionnement agricole mondiale et des flux logistiques essentiels.
Lorsque les routes maritimes sont perturbées, les cargaisons d’engrais ralentissent ou s’accumulent. Dès lors, cette désorganisation crée des pénuries rapides. Par conséquent, les pays importateurs peinent à compenser. En particulier, ceux sans production locale sont les plus exposés.
Un autre effet apparaît, plus discret mais décisif. En effet, les engrais azotés dépendent du gaz naturel. Ainsi, quand son prix grimpe, les coûts explosent. Par conséquent, cela entraîne une hausse structurelle des prix agricoles et des coûts de production énergétiques à l’échelle mondiale.
En Asie du Sud, une dépendance critique aux fertilisants pour nourrir des populations denses
Dans les grandes plaines d’Asie du Sud, les rendements dépendent des engrais. En effet, riz, blé et maïs en ont besoin en continu. Sans eux, la production chute vite. Ainsi, ces systèmes restent très sensibles à la disponibilité des intrants agricoles et aux équilibres alimentaires locaux.
Certains pays sont particulièrement exposés. Par exemple, le Bangladesh dépend fortement des importations du Golfe. De plus, il utilise beaucoup d’engrais azotés, bien au-delà de la moyenne mondiale. Cela amplifie donc les effets d’une rupture d’approvisionnement.
Même une perturbation courte peut tout changer. En effet, les agriculteurs ajustent leurs choix. Ainsi, moins d’engrais signifie souvent des semis réduits et des rendements plus faibles. Par conséquent, les conséquences sont directes pour l’accès à la nourriture.
En Afrique subsaharienne, la moindre hausse de prix peut réduire encore les rendements agricoles
En Afrique subsaharienne, les agriculteurs utilisent déjà peu d’engrais. Les coûts sont en effet élevés et l’accès limité. De plus, les infrastructures restent fragiles. Ainsi, cela crée une fragilité structurelle des systèmes agricoles et des inégalités d’accès aux ressources.
Quand les prix augmentent, même légèrement, les apports diminuent. Dès lors, les producteurs réduisent leurs achats. Or, les sols, souvent appauvris, ne compensent pas. Ainsi, le manque de nutriments entraîne une baisse immédiate des rendements.
Certains pays sont très vulnérables. Par exemple, la Somalie ou le Soudan dépendent fortement du Golfe. De plus, ils cumulent déjà plusieurs crises. Dans ce contexte, toute perturbation aggrave rapidement l’insécurité alimentaire.
Des sols déjà épuisés et des alternatives encore limitées face à la crise des fertilisants
Dans plusieurs régions, les sols sont épuisés. En effet, ils ont été intensivement exploités sans apports suffisants. Ainsi, les rendements restent bien en dessous du potentiel. Cela illustre donc l’ampleur de la dégradation des sols agricoles et du potentiel productif des terres.
Des solutions existent. Par exemple, l’agroécologie en fait partie. De plus, les légumineuses peuvent enrichir naturellement les sols. Elles fixent l’azote de l’air. Ainsi, ces pratiques améliorent la fertilité des sols, mais demandent du temps et des adaptations locales.
Les engrais restent toutefois indispensables à court terme. En effet, sans eux, atteindre des niveaux de production suffisants devient difficile. Cela concerne surtout les régions aux marges agricoles faibles. Ainsi, les équilibres alimentaires restent très vulnérables.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
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