Notre planète cache encore des secrets majeurs sous les océans. Des chercheurs ont identifié des structures géologiques totalement inconnues enfouies sous le Pacifique. Une découverte d’ampleur, qui bouscule ce que l’on pensait savoir du manteau terrestre. Plongée dans une énigme scientifique qui interroge nos certitudes.

Des signaux sismiques dévoilent une anomalie profonde sous le Pacifique, inattendue et difficile à expliquer pour les modèles actuels
L’équipe de l’ETH Zurich s’appuie sur les séismes pour explorer l’intérieur du globe. Ces ondes traversent les roches et modifient leur vitesse selon les matériaux rencontrés. En les étudiant, les scientifiques reconstituent ce qui se joue loin sous la surface. Une approche clé pour sonder des profondeurs inaccessibles.
Sous le Pacifique, les données créent la surprise. Les ondes sismiques ralentissent brutalement dans des zones bien délimitées du manteau inférieur. Un signal clair de matériaux plus froids ou extrêmement denses. Ces structures restent inexpliquées et suggèrent clairement la présence de matériaux froids.
Une anomalie qui ne correspond à aucun schéma connu de subduction et oblige les géologues à revoir leurs cadres théoriques
En général, ce type d’anomalie est lié à des plaques tectoniques qui s’enfoncent en profondeur. C’est le principe de la subduction. Problème ici : le Pacifique repose sur une plaque unique et massive. Ce scénario classique ne tient donc pas. Il n’y a pas de plaques tectoniques qui plongent.
Ce constat force la communauté scientifique à revoir ses hypothèses. Les modèles actuels du manteau terrestre n’anticipent pas de telles structures dans cette région. La découverte marque une remise en cause majeure de la géologie moderne et pousse les chercheurs à revoir leurs modèles actuels.
L’absence de subduction récente rend l’observation encore plus intrigante. Une autre explication doit exister pour ces concentrations de matière. Les géologues se tournent désormais vers des phénomènes bien plus anciens afin de résoudre ce casse-tête planétaire.
Deux pistes s’opposent : des reliques très anciennes de la Terre primitive ou une concentration lente de roches riches en fer
Une première hypothèse évoque des vestiges âgés de près de quatre milliards d’années. Ces structures auraient résisté aux transformations extrêmes de la planète depuis sa formation. De véritables archives géologiques, figées dans le manteau. Peut-être des vestiges vieux de quatre milliards d’années.
Une autre piste privilégie une accumulation progressive de roches chargées en fer. Plus denses, elles se rassembleraient lentement au fil des mouvements internes. Ce phénomène expliquerait le ralentissement des ondes sismiques observé dans cette zone. Il s’agirait alors d’une accumulation progressive de roches.
Comprendre ces structures impose de nouvelles analyses pour éclairer l’histoire profonde et encore mal connue de la Terre
Ces observations ouvrent de nouvelles perspectives sur l’évolution de la planète. Si ces roches remontent aux origines, elles renferment des indices clés. De quoi mieux comprendre la répartition initiale des éléments chimiques. Une possible nouvelle compréhension de l’évolution terrestre.
Reste désormais à identifier précisément la nature de ces anomalies. Les seules variations de vitesse sismique ne suffisent pas. Les chercheurs doivent croiser plusieurs sources de données pour obtenir une image fiable du sous-sol et ainsi confirmer la nature exacte.
La suite passera par la modélisation numérique et l’analyse thermique du manteau. Ces outils avancés devraient apporter des réponses dans les années à venir. La Terre continue de révéler, lentement, les chapitres méconnus de son histoire grâce à la modélisation numérique et étude thermique.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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