
L’analyse d’ossements animaux découverts dans le nord-est de l’Espagne a révélé qu’il s’agissait des restes de mule remontant à la fin de l’âge du fer. Leur association à ceux partiellement incinérés d’une jeune femme interpelle.
Hybride antique
Ces trouvailles archéologiques étaient intervenues en 1986, lors de l’excavation d’une ancienne fosse à grains du site ibérique de Hort d’en Grimau. Toutefois, ce n’est que récemment qu’elles ont pu bénéficié d’un examen approfondi, révélant que l’animal était une mule. Les datations indiquent une inhumation intervenue il y a environ 2 700 ans, en faisant les plus anciens témoignages de cet hybride jamais trouvés en Europe occidentale.
Issus d’un baudet et d’une jument, ces équidés sont utilisés depuis des millénaires dans une vaste partie du globe comme bêtes de somme et de trait. « D’une taille similaire aux chevaux, ils allient leur force physique à la robustesse et la rusticité de l’âne », précise Javier López Cachero, de l’université de Barcelone. Selon lui, les difficultés à faire s’accoupler un âne et une jument poussaient les anciens éleveurs à entraîner très tôt les premiers à la saillie. Les mules mâles étant souvent stériles, les femelles étaient plus recherchées.
« Les plus anciens exemples de mules ou mulets remontent à plus de 4 000 ans et proviennent du Proche-Orient », explique le chercheur. « À l’époque où vivait notre mule, cette partie de la péninsule ibérique accueillait d’importantes populations phéniciennes. Ce peuple marin et marchand, également originaire du Levant, aurait pu partager avec les locaux ses connaissances en matière d’élevage. »
Si l’examen des ossements humains, présentant des signes clairs de combustion, a révélé qu’ils appartenaient à une femme âgée d’une vingtaine d’années, il n’a pas permis de préciser son état de santé au moment de sa mort ni les causes de cette dernière.

Un animal important
Des analyses isotopiques des dents de l’animal ont permis de préciser son régime alimentaire, riche en céréales cultivées, et la présence de lésions osseuses caractéristiques confirmé qu’il était régulièrement monté. Des éléments illustrant l’importance que la mule revêtait pour cette communauté ibérique de l’âge du fer.
Associés à l’absence d’objets funéraires et de marques de combustion sur les restes de la mule, le traitement non conventionnel des ossements humains (négligemment placés dans la fosse) ne permet pas de tirer de conclusions définitives concernant le statut social de la défunte.
Comme le rappellent les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Archaeological Science: Reports, bien que ce ne semble pas être le cas ici, les sépultures antiques associant humains et équidés sont généralement liées à des contextes guerriers.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
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Catégories: Actualités, Histoire