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Si le groupe sanguin des patients avait été rapidement lié à la gravité de l’infection par le SARS-CoV-2, de récentes analyses ont confirmé un lien de cause à effet et mis en évidence le rôle de certaines protéines sanguines.

L’enzyme ABO

Dès le début de la pandémie, plusieurs études d’observation avaient suggéré un risque d’hospitalisation et de décès plus élevé chez les personnes de groupe sanguin A. Publiées dans la revue PLOS Genetics, ces nouvelles recherches ont impliqué une méthode analytique appelée randomisation mendélienne afin d’explorer la relation entre les variantes génétiques régissant les niveaux de protéines sanguines et l’issue de la maladie.

Ayant conduit à l’identification de cinq protéines sanguines directement associées à un risque accru d’infection, le passage au crible de plus de 3 000 d’entre elles a également permis la mise en évidence d’un lien causal clair entre une enzyme appelée ABO, déterminant le groupe sanguin, et les formes sévères de Covid-19.

« Notre étude a associé cette enzyme au risque d’hospitalisation, à la nécessité d’une assistance respiratoire et au décès », détaille Christopher Hübel, co-auteur de l’étude. « Elle n’établit pas de lien entre un groupe sanguin spécifique et le risque de forme grave de Covid-19, mais valide les études d’observation antérieures ayant suggéré que les personnes du groupe A étaient plus susceptibles de contracter le virus. »

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D’importantes implications

Bien évidemment, il existe un certain nombre de facteurs de risque autres que le groupe sanguin connus pour jouer un rôle dans la sévérité du Covid-19 (âge, maladie préexistante…). Ces conclusions ne devraient donc pas être une source d’inquiétude pour les personnes de groupe sanguin A.

« De tels résultats permettent de mieux cerner les mécanismes du Covid-19 et ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour le traiter et le prévenir », soulignent les auteurs de l’étude.

Parmi les huit protéines sanguines causalement associées à une diminution du risque de forme grave figuraient trois « molécules d’adhésion », jouant un rôle dans les interactions entre les cellules immunitaires et les vaisseaux sanguins. Selon l’équipe, cette découverte pourrait potentiellement déboucher sur un traitement permettant d’éviter que l’état des patients hospitalisés ne s’aggrave.

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