
Outre-Rhin, des fouilles paléontologiques ont conduit à la découverte d’un témoignage remarquable : le cloaque fossilisé d’un reptile ayant évolué dans la région il y a près de 300 millions d’années, au début du Permien.
Cloaque record
Contrairement aux mammifères placentaires, qui disposent d’ouvertures séparées, les reptiles, les oiseaux, les amphibiens et certains poissons possèdent un cloaque, un orifice polyvalent leur servant à la fois à s’accoupler, pondre des œufs, uriner et déféquer.
L’analyse d’un fossile vieux de 298 à 299 millions d’années, exhumé de la forêt de Thuringe, dans le centre de l’Allemagne, a offert aux scientifiques un aperçu rare de cette structure anatomique. Près de la base de sa queue, l’équipe a identifié une fente caractéristique, interprétée comme une ouverture cloacale fossilisée.
Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans Current Biology, jusqu’à présent, le plus ancien exemple connu avait été documenté chez un Psittacosaurus, petit dinosaure à cornes qui évoluait dans ce qui est aujourd’hui le nord-ouest de la Chine il y a environ 120 millions d’années.
Looking good for its age.https://t.co/wM9VtEnMHf
— ScienceAlert (@ScienceAlert) February 23, 2026
Attribuées à l’espèce Cabarzichnus pulchrus, les nouvelles empreintes sont proches de celles des bolosauriens, ancien groupe de reptiles situés à la base de la lignée menant aux lézards modernes. De façon intrigante, l’orientation et la forme de sa structure cloacale se révèlent plus proches de celles des tortues et serpents actuels que des dinosaures connus ou des crocodiliens, avec des implications pour notre compréhension de la reproduction des reptiles primitifs.
Nouvel éclairage
Il s’avère que ce témoignage constitue également le plus ancien exemple direct d’écailles de reptile fossilisées.
« La préservation de tissus mous est rare dans les archives fossiles, et plus on remonte dans l’histoire de la Terre, plus elle devient exceptionnelle », rappelle Lorenzo Marchetti, paléontologue au Museum für Naturkunde Berlin.
« Ce spécimen comporte des détails anatomiques remarquables, qui approfondissent notre compréhension de l’évolution des premiers vertébrés terrestres et de leur structure cutanée. »
Précédemment, des chercheurs avaient identifié les premiers témoignages d’un « traînage de derrière » préhistorique.