La chimiothérapie ne sera plus une fatalité pour des millions de femmes atteintes du cancer du sein

Le cancer du sein est un type de cancer qui peut toucher une femme sur 8 dans le monde. Même si grâce aux recherches effectuées par les médecins, ce cancer parvient à être éliminé dans 87 % des cas (5 ans après la fin du traitement), l’utilisation de la chimiothérapie comme traitement peut avoir de graves effets secondaires. Une nouvelle étude américaine a dévoilé la possibilité de traiter les cancers du sein les plus communs sans avoir recours à la chimio.

 

UNE ÉTUDE DE LONGUE HALEINE QUI A PORTÉ SES FRUITS

En 2004, les chercheurs sont parvenus, grâce à un test génétique nommé Oncotype DX, à déterminer sur une échelle de 0 à 100 la probabilité pour que le cancer du sein récidive chez une femme. Ce test est valable pour les cancers du sein les plus courants qui représentent 50 % des cancers du sein existant. De cette étude est ressorti que les femmes ayant un score entre 0 et 10 avaient peu de chance de récidive et avaient donc peu de chance d’être traitées avec une chimio, tandis que les femmes avec un score entre 26 et 100 nécessitait l’intervention d’une chimio pour traiter leur cancer et réduire drastiquement les risques de récidive. Restait les femmes ayant obtenu un score compris entre 11 et 25, qui représentent la majorité des femmes testées. Pour elles, on ne savait pas s’il fallait utiliser la chimiothérapie ou non.

Toutefois, grâce à la nouvelle étude TAILORx (Essais de traitements personnalisés), il va maintenant être possible de traiter la majorité des femmes entrant dans cette catégorie sans avoir recours à la chimio. Cette étude, menée par le Docteur Joseph Sparano du centre médical Montefiore à New York, a été réalisée sur 10 000 femmes atteintes d’un cancer du sein commun et sur une période de 10 ans. 6 femmes sur 10 parmi elles entraient dans la catégorie des 11-25. Les chercheurs les ont divisées aléatoirement en deux groupes, un qui a reçu un traitement sans chimio et l’autre avec chimio. Les résultats ne se sont pas faits attendre, dans les deux groupes, 9 femmes sur 10 ont survécu au cancer. Des résultats encourageants qui pourront permettre à beaucoup de femmes atteintes de ce cancer de ne pas avoir recours à la chimiothérapie pour se soigner.

 

UN MOYEN D’ÉVITER LES RISQUES DE LA CHIMIO

En effet, la chimiothérapie est un traitement de choc qui en plus de tuer les cellules cancéreuses tue également les cellules saines, ce qui affaiblit considérablement les défenses immunitaires des patients qui en bénéficient. Les traitements à base de chimio thérapie peuvent durer plusieurs mois, chaque séance étant entrecoupée de périodes de repos, mais ont aussi des effets secondaires qui peuvent être désastreux. Otis Brawley, médecin en chef de la American Cancer Society, s’exprime en ce sens : “Au cours des 25 dernières années, j’ai perdu 3 patients qui avaient contracté une leucémie (cancer du sang) à cause de leur chimiothérapie, j’ai également perdu des patients du fait de leurs défaillances cardiaques aigües causées par leur chimio, et j’ai vu des patients souffrir de “déficit cognitif secondaire aux traitements oncologiques” et qui ont eu des difficultés à se concentrer pour le reste de leur vie.”

L’objectif premier de cette étude est donc de déterminer quelles femmes peuvent être guéries sans l’intervention de ce traitement drastique afin de limiter les dégâts sur le long terme. Notons toutefois que les résultats de cette étude dépendent de l’âge des femmes atteintes du cancer du sein. En effet, pour des raisons encore inconnues, les femmes âgées de moins de 50 ans présentes dans le groupe des 11-25 retiraient plus de bénéfices à avoir recours à la chimio que les femmes de plus de 50 ans qui s’en sortaient mieux sans. Les médecins doivent donc prendre en compte l’âge des patientes. L’étude prescrit dont l’utilisation de la chimio pour les jeunes femmes de moins de 50 ans lorsque leur score est supérieur à 16 et une utilisation de traitements alternatifs pour les femmes de plus de 50 ans ayant un score supérieur à 25.

 

LA MÉDECINE PERSONNALISÉE COMMENCE À DONNER DES RÉSULTATS

Cette étude constitue une grande avancée pour la médecine de précision, aussi appelée médecine personnalisée, qui préconise l’utilisation de tests génétiques pour trouver des traitements plus adaptés aux spécificités biologiques de chaque patient plutôt que d’utiliser des traitements génériques qui ne conviendront pas à tous. Ce type de médecine peine encore à percer car elle est très spécifique et demande beaucoup de recherches de longue haleine car l’on ne connait pas encore assez bien le génome humain ni son interaction avec l’environnement. Il se trouve qu’il y a une multitude de genres de cancers qui ne se manifesteront pas de la même façon en fonction des patients. C’est là, toute la difficulté du traitement de cette maladie.

Toutefois tout espoir n’est pas perdu. En effet, aux États-Unis, une femme atteinte du cancer du sein a réussi à être guérie grâce à l’immunothérapie alors que tous les traitements de chimiothérapie étaient restés inefficaces sur elle. Une première mondiale qui donne de bons espoirs pour la suite. Reste que cette méthode de soins demande un travail très précis et personnalisé de la part des médecins qui doivent travailler directement sur les cellules de la patiente et non pas de manière générale. Une méthode complexe qui peut ne pas être adaptée pour tous mais qui constitue un énorme pas en avant pour le traitement des cancers.


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