À la découverte du Sergent Stubby, le chien le plus décoré de la Première Guerre Mondiale

À la découverte du Sergent Stubby, le chien le plus décoré de la Première Guerre Mondiale

Qui aurait pu imaginer que ce chiot trouvé sur le campus de l’Université de Yale et ramené clandestinement sur le front en 1918 accomplirait des actes héroïques et deviendrait le chien le plus décoré de la Première Guerre Mondiale ? Voici l’incroyable histoire du Sergent Stubby.

CONROY ADOPTE STUBBY EN 1917

En 1917, le soldat Robert J. Conroy suit un entrainement militaire à proximité de l’Université de Yale. C’est là qu’il découvre un jeune chiot à queue courte qui erre sur le campus. Il décide de l’adopter et le nomme Stubby, qui signifie littéralement « trapu ».

Bien que les journaux de l’époque le présentent comme un Pit Bull, étant donné qu’il en possède certains attributs, il est impossible de connaître la race exacte du jeune chien, et de nombreux spécialistes estiment qu’il est issu d’un croisement.

Conroy ramène clandestinement Stubby au camp militaire. Les chiens n’y sont normalement pas tolérés, mais les soldats apprécient tellement la compagnie de l’animal qu’il est finalement autorisé à rester.

Dans les mois qui suivent, le jeune chien est patiemment dressé par les soldats, et devient la mascotte du 102e bataillon d’infanterie.

Conroy embarque clandestinement Stubby à bord de l’US Minnesota et le cache dans la soute à charbon

Conroy va aller encore plus loin en embarquant clandestinement Stubby sur le navire qui conduit son bataillon en France. Une fois à bord de l’USS Minnesota, il le cache dans une soute à charbon jusqu’à ce que le navire prenne la mer.

Si la plupart des soldats sont ravis de l’arrivée de ce soutien moral inespéré, leur commandant l’est beaucoup moins. Ce dernier va toutefois finir par changer d’avis après que Stubby l’ait salué le plus naturellement du monde.

Le 102e bataillon d’infanterie atteint les lignes de front françaises le 5 février 1918. Stubby s’habitue rapidement aux explosions et aux tirs constants qui font désormais partie de son quotidien.

LES EXPLOSIONS ET LES TIRS CONSTANTS FONT DÉSORMAIS PARTIR DU QUOTIDIEN DE STUBBY

Après avoir malencontreusement inhalé du gaz toxique, il est conduit à l’hôpital où il est soigné comme n’importe quel autre soldat. Un incident qui va fortement sensibiliser son odorat aux émanations mortelles du gaz et lui permettre de sauver des dizaines de vies.

Quelques semaines plus tard, une nouvelle attaque au gaz est menée par les Allemands. Celle-ci a lieu tôt le matin alors que la plupart des soldats américains sont encore endormis, et les aboiements répétés de Stubby vont réveiller les soldats avant qu’ils n’en inhalent une dose mortelle.

Vers la fin de la guerre, les attaques au gaz se multiplient et obligent les soldats à porter des masques

IL IDENTIFIE LES BLESSÉS ET PRÉVIENT LES SECOURS

L’ouïe hors du commun de Stubby va aussi se révéler d’une grande utilité sur le champ de bataille. Capable de distinguer la langue de Goethe de celle de Shakespeare, le chien parcourt les champs de bataille à la recherche de soldats alliés blessés et aboie jusqu’à ce que les médecins arrivent sur les lieux et les prennent en charge.

Il a également appris à pleurnicher chaque fois qu’il perçoit un tir d’artillerie ennemi, et ce signal d’alerte va sauver plus d’une fois la mise des Américains en leur permettant de se mettre à couvert à temps.

Stubby va aussi grandement contribuer à la capture d’un espion ennemi. Alors que ce dernier cartographie les tranchées alliées, il aperçoit l’animal et l’interpelle en allemand. Stubby se jette sur lui et parvient à l’immobiliser jusqu’à l’arrivée des américains.

Le sergent Stubby sur le front en 1918

Suite à cet acte de bravoure, il est promu au grade de sergent et devient officiellement le premier chien à atteindre un tel rang dans l’armée américaine. Plus insolite encore, il dépasse en cette occasion le rang de son propriétaire, alors caporal.

Lors d’une bataille, Stubby est grièvement blessé par l’explosion d’un obus. Touché par les éclats à la poitrine et aux jambes, il est transporté à l’hôpital où il subit une longue et délicate intervention chirurgicale. Il finit par se rétablir complètement et tient compagnie aux soldats blessés durant sa convalescence.

Lorsque la guerre s’achève, Stubby a participé à pas moins de 17 batailles, contribué à sauver des dizaines de vies et a glané 14 distinctions militaires pour ses divers actes de bravoure. À son retour sur le sol américain, il devient une véritable célébrité, participe à des défilés militaires et rencontre même le président Woodrow Wilson.

STUBBY A PARTICIPÉ À 17 BATAILLES DURANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE ET A CONTRIBUÉ À SAUVER DES DIZAINES DE VIES

Le général John Pershing décorant Stubby en 1921

Quelques années plus tard, Conroy s’installe à Georgetown, où il étudie le droit. Son fidèle compagnon devient la mascotte de l’équipe de football de la ville, et n’hésite pas à divertir les spectateurs à la mi-temps. Stubby décède dans les bras de son maître le 16 mars 1926 et sa dépouille est naturalisée et exposée au Smithsonian Institution.

Si vous avez confiance en vous-mêmes, vous inspirerez confiance aux autres.

— Johann Wolfgang von Goethe