
De récentes expériences ont finalement permis de décrypter le hennissement des chevaux, connus pour émettre simultanément deux sons très différents, ce qui est rare chez les mammifères.
Biphonation
On sait depuis longtemps que le hennissement d’un cheval combine un son grave (~200 hertz) et un autre remarquablement aigu (>1000 hertz), phénomène connu sous le nom de biphonation. Si la composante basse fréquence, qui se situe dans une plage comparable à celle du meuglement d’une vache, s’explique facilement par les vibrations des cordes vocales, la seconde, inhabituelle pour un animal aussi grand, restait jusqu’à présent obscure.
« Bien que les humains côtoient étroitement les chevaux depuis quatre millénaires, certains aspects de leur communication nous échappent encore », explique Tecumseh Fitch, chercheur à l’université de Vienne et auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Current Biology.
Des tests endoscopiques ont permis d’observer en détail ce qui se passe au début du hennissement. Les chercheurs ont constaté que les muscles entourant le larynx se contractaient, provoquant un resserrement de la glotte, l’ouverture située entre les cordes vocales. Ce changement modifiait l’inclinaison (et par conséquent la tension) de ces dernières.
Horses use their larynx to make two sounds simultaneously, so they are effectively singing and whistling at the same time https://t.co/JqNC0RkiCT
— New Scientist (@newscientist) February 28, 2026
Résultat : la traversée de cette étroite ouverture en forme de fente augmentait fortement la vitesse du flux d’air, générant un sifflement responsable de la composante aiguë du hennissement.
Une première chez un animal n’appartenant pas à l’ordre des rongeurs
Il s’agit de la première preuve expérimentale solide de la production aérodynamique d’un sifflement laryngé chez un animal n’appartenant pas à l’ordre des rongeurs. Jusqu’à présent, ce phénomène avait été exclusivement documenté chez des souris et des rats, dont les vocalisations sont trop aiguës pour être perçues par l’oreille humaine.
« Les chevaux font partie des rares mammifères capables de produire deux fréquences distinctes simultanément grâce à leur larynx », détaille Fitch. « Il s’agit également, avec les humains, des seuls grands représentants de cette classe dont le répertoire vocal standard comprend des sifflements. »
Pour son équipe, la prochaine étape consistera à déterminer si cette composante aiguë aide le son à se propager plus loin, et rend donc le hennissement plus audible.
Pour rester dans l’univers des équidés, l’an passé, une étude avait révélé un cas d’évolution éclair chez les chevaux sibériens.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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