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La présence unique d’espèces de champignons vivant à l’intérieur de tumeurs mise en évidence

Cela pourrait notamment permettre un meilleur diagnostic de la maladie

Cancer tumeur
— SciePro / Shutterstock.com

Le diagnostic et le traitement du cancer restent l’une des grandes préoccupations du domaine médical. Et de nouvelles études pourraient aider dans ce sens en établissant un lien entre plusieurs formes de cancer et certaines populations fongiques dans notre corps.

Des communautés de champignons propres à chaque type de cancer

Si les théories selon lesquelles certaines tumeurs sont en fait des champignons sont fausses, il est indéniable qu’il existe un lien entre certains types de cancer et les populations fongiques dans le corps humain. En effet, de plus en plus d’études ont lié diverses espèces de champignons microscopiques au cancer. Deux nouvelles études – l’une réalisée par les chercheurs de l’université Cornell et l’université Duke ; et l’autre par les chercheurs de l’université de Californie à San Diego – ont montré que les champignons trouvés dans les tumeurs cancéreuses jouent un rôle important dans la progression de la maladie.

Toutes deux publiées dans la revue Cell, ces études expliquent notamment que les champignons contenus dans le microbiome tumoral sont distinctifs à chaque type de cancer. C’est une découverte très importante, car cela pourrait permettre une meilleure évaluation de la progression de la maladie. Autrement dit, des analyses de l’empreinte fongique de la composition microbienne des tumeurs cancéreuses pourraient permettre de développer de nouvelles façons de diagnostiquer et de traiter le cancer.    

L’étude réalisée par les chercheurs de l’université de Californie à San Diego visait à caractériser 35 mycobiomes (la communauté fongique dans un organisme) cancéreux différents. À cet effet, les chercheurs ont analysé plus de 17 000 échantillons de tissus et de sang. Les résultats des analyses ont permis de prouver la présence d’ADN et de cellules fongiques en faible abondance dans de nombreux cancers humains. Mais ils ont surtout permis de constater qu’il y avait des différences notables dans la composition des communautés de champignons pour chaque type de cancer distinct.

Les chercheurs ont également effectué des comparaisons des communautés fongiques avec les bactériomes (le composant bactérien du microbiome) et les immunomes (gènes et protéines constituant le système immunitaire) qui y sont appariés. Les résultats ont révélé que les associations entre eux étaient souvent permissives plutôt que compétitives. « Ces résultats valident l’idée que le microbiome dans son intégralité est un élément clé de la biologie du cancer », a ainsi expliqué Gregory Sepich-Poore, coauteur de l’étude.

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— CI Photos / Shutterstock.com

Les champignons comme outil de diagnostic et de pronostic du cancer

En ce qui concerne l’étude réalisée par les chercheurs de l’université Cornell et l’université Duke, l’objectif était d’étudier le lien potentiel entre les communautés fongiques et la gravité du cancer. Les résultats des analyses ont également permis de trouver des preuves de présence de champignons dans plusieurs types de cancer. Ils ont surtout mis en évidence une association particulière entre les champignons du genre Candida et les cancers gastro-intestinaux. Plus précisément, les chercheurs ont découvert que ce genre de champignon était enrichi dans les tumeurs associées aux cancers gastro-intestinaux. Ils ont également constaté que c’était prédictif d’une diminution de la survie.

Il est important de noter que ces études ne fournissent pas de preuves d’un lien causal entre les champignons et le cancer. En revanche, la compréhension de l’empreinte fongique du cancer reste très importante, puisque cela pourrait fournir une base de diagnostic et de pronostic plus précise pour la maladie. Par ailleurs, des études sont en cours pour déterminer la nature du lien entre les champignons et les cancers dans le but de développer de nouveaux traitements pour la maladie.  

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: New Atlas

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