Ce 15 février, le Parlement chypriote a voté en faveur de la légalisation de la culture et de l’usage du cannabis à des fins médicales. Au total, une vingtaine de pays de l’Union européenne ont adopté une loi similaire. La France, pourtant une des figures emblématiques de l’union, est à la traîne. Explications.

 

En quoi consiste ce genre de loi ?

Tout d’abord, le point de départ clé est de donner un permis visant à cultiver le cannabis pour et uniquement un usage médical. Dans la pratique, à Chypre, la loi fonctionne sur ordonnances, et est pour le moment – pour les 15 prochaines années – limitée à seulement trois entreprises.

Les sociétés ayant autorisé ce type de lois ont toutefois conscience que personne n’est à l’abri d’une défaillance du système ou de profiteurs qui souhaiteraient utiliser le contexte légal pour la production de cette drogue, pour la proposer ensuite sur le marché noir.

 

Qui est concerné ?

Pour le moment, ce sont les personnes bénéficiant d’une ordonnance médicale bien spécifique. Douleurs chroniques en raison d’un cancer, liées au sida, problèmes de rhumatisme ou d’un glaucome, voici les exemples de cas qui pourraient bénéficier de l’adoption de cette loi par les États. Le tout est coordonné avec des études médicales prouvant la nécessité – et les effets parfois incroyablement bénéfiques – de l’utilisation de cannabis dans le domaine médical.

« Nous espérons que le processus sera lancé immédiatement pour des centaines de patients à la recherche d’une alternative, d’une voie non chimique pour gérer leurs problèmes de santé« , a indiqué le Parti vert de Chypre.

 

Pourquoi ça tarde en France ?

Comme nous l’avons dit dans notre introduction, une trentaine de pays ont décidé de prendre le pas sur ce genre de lois ultra-contemporaines. Récemment, la Grèce a donné à quelques entreprises des permis pour la culture de cannabis. En Asie, la Thaïlande a décidé d’autoriser l’usage thérapeutique du cannabis, et la liste de pays ne cesse de s’allonger.

En France, nous avons eu des nouvelles le 27 décembre dernier. C’est l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui a ainsi indiqué qu’elle “souscrivait aux propositions du comité d’experts récemment constitué pour juger de la pertinence de cet usage du cannabis.” En somme, c’est un signe positif pour celles et ceux luttant en faveur de la légalisation d’une telle procédure. En revanche, force est de constater qu’autoriser la consommation et autoriser la production n’est pas toujours liée dans les faits. Il faudra faire attention à bien éclaircir ce point dans les prochaines annonces par les organisations de toute part.

 

Vers une légalisation à court terme ? 

De manière globale, on peut noter un climat positif et une conjoncture favorable à l’acceptation d’une telle loi dans la société française. Pour un usage strictement médical – et non de consommation publique comme à Amsterdam par exemple – les Français se montrent favorables. Si une drogue illicite est finalement considérée comme une alternative thérapeutique, c’est notamment grâce aux rapports démontrant que le tabac et alcool, autorisés, sont responsables de bien plus de morts que le cannabis. Ensuite, l’utilisation du cannabis dans un but thérapeutique s’est démocratisée dans le monde, et enfin des études démontrent que médicalement, il peut offrir un répit salvateur à des personnes en souffrances graves.

Enfin, il ne faut pas oublier que des médicaments comme le Sativex ou l’Epidiolex sont déjà à base de cannabis. D’autres points de vue estiment – avec raison vraisemblablement – que le développement du cannabis thérapeutique va bien au-delà du secteur médical et profitera grandement à l’économie globale. Les motivations seraient donc plurielles.

Dans tous les cas, la France est encore à la traîne dans l’instauration d’une mesure juridique que de plus en plus de Français réclament, et que de nombreux pays ont déjà mis en place. Nous vous ferons état des prochaines avancées sur le Daily Geek Show !

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