
Lorsque les conquistadors espagnols atteignirent pour la première fois Tenochtitlan en 1519, ils rapportèrent l’existence d’un « vivarium » près du palais du roi Moctezuma. Une série de découvertes offre un nouvel aperçu de cet insaisissable « zoo » aztèque.
De nouvelles preuves ostéologiques
Bien que les archéologues n’aient jamais mis au jour les vestiges directs de cette structure, on sait, grâce à diverses sources historiques, qu’elle abritait de redoutables prédateurs terrestres (grands félidés et canidés), ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux de proie.
Récemment, l’archéologue Israel Elizalde Mendez a analysé une trentaine de squelettes animaux provenant de fosses sacrificielles de Tenochtitlan. Ses travaux apportent des preuves ostéologiques claires que ces animaux vivaient en captivité au cœur même de la capitale aztèque (actuelle Mexico).
Il s’est avéré que les restes de plusieurs aigles royaux, loups et jaguars présentaient des signes d’affections osseuses, articulaires et de maladies infectieuses. La gravité des premières, et le fait qu’elles soient partiellement cicatrisées, confirme que ces animaux étaient, dans un premier temps, soignés par des humains. « Il aurait été impossible pour bon nombre d’entre eux de survivre dans la nature », explique Mendez.
Animal remains left as offerings at the foot of the Huei Teocalli demonstrate the existence of Moctezuma’s zoo https://t.co/Lo5W5MSi4D
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Les analyses isotopiques des ossements de plusieurs de ces créatures ont également permis de préciser leur régime alimentaire, appuyant largement l’hypothèse qu’une bonne partie des espèces naissaient et étaient élevées à Tenochtitlan.
Ménagerie préhispanique
L’examen méticuleux des sources écrites, détaillé dans la revue Arqueología Mexicana, indique que le zoo de Moctezuma, ou « Totocalli » en langue nahuatl, comportait plusieurs enclos et une volière.
Outre des renards, des pumas, des serpents et différents amphibiens, le missionnaire espagnol Bernardino de Sahagún mentionnait la présence d’ours et de bisons, dont les restes n’ont à ce jour jamais été trouvés à Tenochtitlan.
Une carte de la ville attribuée à Hernán Cortés situe cette impressionnante ménagerie préhispanique à proximité immédiate de « l’enceinte sacrée » du complexe palatial Selon Mendez, cet emplacement stratégique indique que les pensionnaires du zoo de Moctezuma étaient régulièrement sacrifiés afin d’apaiser différentes divinités aztèques.
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Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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Catégories: Actualités, Histoire