L’aye-aye, ce primate énigmatique menacé à cause des superstitions des hommes

L’aye-aye, ce primate énigmatique menacé à cause des superstitions des hommes

Initialement identifié comme un rongeur lors de sa première découverte, l’insaisissable aye-aye de Madagascar est désormais classé comme étant « le plus inhabituel et unique primate au monde. » C’est en raison de son apparence bizarre et de ses habitudes alimentaires inhabituelles que l’aye-aye a reçu ce titre. L’aye-aye avait, en effet, été considéré comme étant une espèce primitive d’écureuil lors de sa découverte, et ce n’est qu’en 1980 qu’il a officiellement été déclaré comme étant un lémurien.

L’aye-aye est donc une espèce de lémurien vivant dans les forêts tropicales humides de Madagascar. L’aye-aye est non seulement le plus grand primate nocturne du monde, mais également l’un des plus uniques. Cependant, ces animaux incroyablement uniques sont gravement menacés dans la plus grande partie de leur habitat naturel, et ont été sur le point de disparaître en 1980, principalement parce qu’ils ont été chassés et tués par des habitants locaux qui estimaient que voir un aye-aye est signe d’une très mauvaise fortune. Bien que la population actuelle de l’espèce semble avoir augmenté, l’aye-aye reste l’une des espèces animales les plus menacées de Madagascar.

Wikimedia / nomis-simon

 

L’aye-aye, un adorable petit primate

L’aye-aye, ou Daubentonia madagascariensis, est un primate de Madagascar, seul représentant vivant de la famille des Daubentoniidae. Nocturnes, solitaires et arboricoles, la plupart des ayes-ayes vivent dans les forêts tropicales, mais certaines ont été découvertes plus récemment dans les forêts sèches de l’ouest de Madagascar. L’aye-aye mesure environ 40 cm de long, sans la queue touffue qui mesure de 55 à 60 cm. Couvert d’une longue fourrure grossière, brun foncé ou noire, il a un visage court, de grands yeux et des incisives qui ne cessent de pousser, comme celles des rongeurs.

L’AYE-AYE EST LE PLUS GRAND PRIMATE NOCTURNE AU MONDE

L’animal a de grandes oreilles arrondies qui sont incroyablement sensibles, ce qui donne à l’aye-aye une excellente audition. De manière générale, l’aye-aye ressemble énormément à un Gremlin. Les mains de l’aye-aye sont grandes, et ses doigts, surtout le troisième, sont longs et minces. Tous les doigts ont des griffes pointues, de même que les orteils, à l’exception des gros orteils plats et opposables. Les mains de l’aye-aye sont les caractéristiques les plus distinctives de l’animal, et aucun autre primate n’en a des semblables.

Flickr / James Joel

 

La vie quotidienne de l’aye-aye

L’aye-aye est un animal nocturne et arboricole, ce qui signifie qu’il passe le plus clair de son temps haut dans les arbres. Les ayes-ayes dorment, mangent, voyagent et s’accouplent dans les arbres. Ils se trouvent le plus souvent près de la canopée, où il y a beaucoup de feuillage dense. Pendant la journée, les ayes-ayes dorment dans des nids sphériques dans la fourche de branches d’arbres construites à partir de feuilles et de branches. L’aye-aye est un animal solitaire qui marque son vaste domaine vital avec un parfum. L’animal n’aime pas vivre en groupe, bien qu’il soit parfois obligé de partager son territoire avec d’autres congénères.

LES SCIENTIFIQUES NE SAVENT PAS POURQUOI L’ANIMAL S’APPELLE « AYE-AYE »

L’aye-aye est un animal omnivore qui se nourrit d’insectes et de matières végétales. Les mâles parcourent de très longues distances toutes les nuits pour rechercher de la nourriture. Pour trouver les insectes dans les arbres, les ayes-ayes utilisent leur doigt pour taper sur du bois mort à la recherche de tunnels creux créés par des vers blancs. Ils écoutent alors le moindre bruit avec leurs oreilles pour s’il y a de quoi se nourrir dans l’arbre. Une fois que l’aye-aye a détecté sa proie, il utilise ses dents acérées pour creuser un trou dans le bois avant d’insérer son doigt le plus long dans le creux pour attraper les insectes.

Wikipedia / Tom Junek

 

L’aye-aye, un animal en grand danger d’extinction

On pensait que les ayes-ayes avaient disparu en 1933, mais ils ont été redécouverts en 1957. Neuf individus ont été transportés à Nosy Mangabe, une île située près de Maroantsetra au large de l’est de Madagascar, en 1966. Des recherches récentes montrent que les ayes-ayes sont plus répandus qu’on ne le pensait auparavant, et son état de conservation a été changé comme étant en danger d’extinction en 2014. Comme avec la plupart des autres primates, la perte de l’habitat est la menace la plus sérieuse pour les ayes-ayes.

L’autre raison pour laquelle la population d’ayes-ayes est si peu nombreuse depuis des années est que la population locale pense qu’il est trop bizarre, et qu’il porte en plus la malchance. Une légende locale dit que si un aye-aye pointe son long majeur sur une personne, cette personne mourra. La seule façon de mettre fin à cette malédiction serait alors de tuer le plus tôt possible les ayes-ayes. C’est notamment ce qui a entraîné la disparition de populations d’ayes-ayes dans certaines zones.

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