
L’Agence de renseignement de la Défense américaine (DIA) a publié une image remarquablement détaillée de l’avion spatial « Shenlong », auquel semblait être arrimé un satellite non identifié.
Un aperçu sans précédent du Shenlong
Depuis 2020, l’engin top secret a effectué une série de longs vols orbitaux expérimentaux, au cours desquels il a réalisé des manœuvres déroutantes. En décembre 2023, il avait notamment été surpris avec six objets non identifiés, transmettant des signaux répétitifs vers la Terre, dans son sillage. À l’époque, les observateurs avaient interprété ce ballet comme un largage de sous-satellites.
Si les États-Unis possèdent également leur propre avion spatial expérimental, le X-37B, ils s’intéressent évidemment de près aux progrès réalisés par leur grande rivale.
Récemment, la DIA a dévoilé une image d’une netteté sans précédent du Shenlong, prise en 2024 par le satellite WorldView 3 de l’agence Vantor, spécialisée dans l’imagerie satellitaire et le renseignement géospatial, alors que ce dernier se trouvait à environ 90 kilomètres de la cible. Affichant une résolution de 4,5 centimètres par pixel, elle montre l’avion spatial avec ses soutes de chargement ouvertes, et un satellite aux panneaux solaires déployés fixé à sa section arrière.
JUST IN: The Pentagon has published a remarkable image of China’s secretive Shenlong spaceplane in orbit, captured by a Maxar satellite and featured in its newly released 2026 space threat assessment. The reusable, uncrewed spacecraft launches aboard a rocket and returns to Earth on a runway, similar to the U.S. military’s X-37B. China has conducted four orbital missions since 2020, demonstrating the ability to deploy and maneuver near other objects in space. The DIA warns that technologies used for satellite inspection and proximity operations could also support anti-satellite capabilities. China has disclosed few details about the spacecraft’s missions or capabilities.
— Outer Space Today (@outerspacetoday) October 27, 2026
Le rapport accompagnant ce nouveau cliché évoque également des manœuvres avec un satellite compagnon en novembre 2022. « Alors que l’avion semblait maintenir un écart d’environ 1 kilomètre, à un moment donné, les deux objets n’étaient plus séparés que par une centaine de mètres, précédant peut-être le largage du second », explique-t-il.
Des objectifs flous
Si les différentes observations réalisées appuient l’hypothèse d’un appareil spécialisé dans la mise en orbite de satellites et de sondes, l’Agence spatiale nationale chinoise s’est jusqu’à présent contentée d’évoquer des essais visant à tester les capacités de son avion réutilisable.
Suite à son retour sur la terre, après un vol de 268 jours au départ de la base de Jiuquan, dans le nord-est de la Chine, l’agence de presse nationale Xinhua avait souligné les progrès réalisés dans le domaine des engins spatiaux réutilisables, « ouvrant la voie à une utilisation plus abordable et pacifique de l’espace circumterrestre ».
À l’heure où de véritables constellations de satellites sont déployées, l’orbite terrestre basse est plus encombrée que jamais, faisant craindre un « effet domino ».
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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