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Archéoptéryx : un fossile remarquable révèle un secret anatomique du premier oiseau de l’Histoire

Il vivait il y a environ 150 millions d'années

— © Ville Sinkkonen

Considéré comme le premier oiseau de l’histoire, l’Archéoptéryx est encore loin d’avoir livré tous ses secrets. Le récent examen d’une crâne remarquablement conservé a permis la mise en évidence de structures buccales inédites chez cette espèce.

Chaînon évolutif

Décrit à la fin du XIXᵉ siècle à partir d’un fossile découvert dans le sud de l’Allemagne, l’Archéoptéryx était une petite créature à plumes, de la taille d’un corbeau. Capable de courts vols et de planés, il évoluait essentiellement au sein d’ environnements insulaires tropicaux il y a environ 150 millions d’années.

Constituant un chaînon évolutif clé entre les dinosaures théropodes et les oiseaux modernes, il présentait un mélange unique de traits propres à ces deux groupes : dents pointues, longue queue osseuse et ailes griffues couvertes de plumes rigides.

Si le spécimen au cœur de la nouvelle étude avait été mis au jour en 2022, ce n’est que l’année dernière que les équipes du Field Museum de Chicago ont pu l’extraire de la couche calcaire dans laquelle il était piégé.

Au cours de ce processus délicat, étalé sur plusieurs mois, Akiko Shinya et ses collègues ont utilisé la lumière ultraviolette afin de ne pas endommager les tissus mous (peau et plumes) et le squelette de la créature préhistorique.

— © Delaney Drummond, (c) Field Museum

Papilles buccales précoces

Alors que l’équipe s’apprêtait à examiner sa tête, elle a remarqué d’étranges rangées de minuscules points lumineux tapissant le palais de l’Archéoptéryx. Des comparaisons avec les crânes d’oiseaux modernes ont permis de déterminer qu’il s’agissait des plus anciens exemples connus de papilles buccales.

Bien qu’il ne s’agisse pas techniquement de dents, ces petits cônes charnus jouent un rôle essentiel : ils guident la nourriture vers l’œsophage tout en évitant soigneusement la trachée. Selon l’équipe, cette découverte illustre une fois de plus l’importance de l’Archéoptéryx pour notre compréhension de la transition dinosaures-oiseaux.

« Elle révèle un changement net dans la façon dont les dinosaures s’alimentaient lorsqu’ils ont commencé à expérimenter le vol, très énergivore », détaille l’étude publiée dans la revue The Innovation. « Le système digestif des oiseaux se révèle remarquablement efficace : tout est pensé pour extraire la moindre calorie disponible. »

Précédemment, un fossile vieux de 80 millions d’années avait comblé un fossé dans l’évolution des oiseaux.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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