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Antarctique : Un monde perdu depuis des millions d’années révélé avec un niveau de détail sans précédent

« Concrètement, nous en savons moins sur sa surface rocheuse que celle de Vénus ou de Mars »

Antarctique
— Matt Makes Photos / Shutterstock.com

Aujourd’hui, près de 98 % de l’Antarctique est recouvert d’une épaisse couche de glace, atteignant plusieurs kilomètres d’épaisseur. De récentes données satellites ont offert un aperçu sans précédent de sa topographie cachée.

Reliefs cachés

Pour percer les secrets du socle du continent le plus austral de la planète, les chercheurs se sont appuyés sur « l’analyse des perturbations du flux glaciaire » (IFPA), consistant à déduire la forme des reliefs cachés sous ses épaisses calottes glaciaires à partir des déformations observées en surface.

Grâce à cette approche, les scientifiques ont pu combler les lacunes des précédents efforts, révélant avec un niveau de détail sans précédent des paysages depuis longtemps disparus. Concrètement, « nous en savons moins sur la surface rocheuse de l’Antarctique que celle de Vénus ou de Mars », illustre Helen Ockenden, de l’université d’Édimbourg.

Parmi les formations les plus spectaculaires, le canyon niché sous le glacier Denman (est du continent), et la vallée sous-glaciaire de Bentley (Antarctique occidental), plongeant respectivement à 3 500 et 2 555 mètres sous le niveau de la mer. L’équipe évoque également le bassin de Maud, canal long d’environ 400 kilomètres, affichant une largeur moyenne de 6 kilomètres et une profondeur d’une cinquantaine de mètres.

Les autres points d’intérêt géologiques comprennent des chaînes de montagnes escarpées, s’étendant dans certains cas sur plus d’un millier de kilomètres avec des pics s’élevant jusqu’à 3 500 mètres par rapport au socle environnant, des vallées bien définies comparables à leurs homologues alpines, des plateaux similaires aux Highlands écossais, et des plaines gigantesques.

— © Ockenden et al. / Science 2026

Mieux prédire l’élévation du niveau des océans

Une meilleure compréhension de la distribution de ces différents « paysages perdus » s’avère essentielle à l’heure où le changement climatique s’intensifie, accélérant la fonte des calottes glaciaires du globe.

Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science, les zones les plus accidentées (comportant davantage de reliefs) du socle rocheux de l’Antarctique peuvent contribuer à ralentir significativement le recul de sa couverture glacée.

Les nouvelles données vont par conséquent permettre d’affiner nos projections concernant la hausse du niveau des océans, à laquelle participe largement ce continent. On estime notamment que le seul glacier de l’Apocalypse, perdant actuellement 50 milliards de tonnes de glace chaque année, le ferait grimper de 65 centimètres s’il venait à s’effondrer.

Précédemment, des chercheurs avaient découvert un réseau caché de plus de 300 canyons sous-marins géants en Antarctique.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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