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Alimentée par des rayons gamma, cette batterie n’émet rien et pourrait durer des dizaines d’années

Et si nos déchets radioactifs devenaient une source d’énergie durable pour des décennies ? Des chercheurs américains ont peut-être trouvé la clé : une batterie innovante, sûre et autonome, qui transforme les rayons gamma des déchets nucléaires en électricité. Une technologie prometteuse.

Prototype de batterie aux rayons gamma dans un laboratoire, utilisant la conversion lumineuse pour produire de l’électricité durable.
Prototype de batterie innovante exploitant les rayons gamma des déchets nucléaires pour générer une énergie continue et de longue durée – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Une double conversion lumineuse inédite pour exploiter les rayons gamma des déchets

C’est dans les laboratoires de l’université d’État de l’Ohio que cette batterie étonnante a vu le jour. Le pari des chercheurs : exploiter les rayons gamma, ces radiations ultra-énergétiques issues des déchets nucléaires, jusqu’ici peu valorisées en dehors du champ médical. Une manière inédite de recycler un résidu hautement problématique en ressource énergétique potentielle.

Le principe repose sur une conversion en deux temps. D’abord, les rayons gamma traversent un matériau bien particulier : un cristal scintillateur. Ce dernier a la capacité de transformer le rayonnement ionisant invisible en lumière visible, un phénomène déjà utilisé dans certains détecteurs de radiation, mais rarement dans une optique de production énergétique.

Deuxième étape : cette lumière visible est ensuite captée par une cellule photovoltaïque miniature, semblable à celles des panneaux solaires. Elle convertit la lumière en courant électrique. Ce procédé, bien que simple en apparence, représente une avancée notable : il permet de tirer parti d’une source radioactive sans incorporer de matériaux radioactifs dans la batterie elle-même.

Un minuscule prototype sans radioactivité capable de fonctionner pendant des dizaines d’années

Pour l’instant, le dispositif est petit : à peine 4 cm3. Mais ce petit cube est déjà capable de produire jusqu’à 1,5 microwatt, selon la source radioactive utilisée (du cobalt-60 ou du césium-137). Pas de quoi faire tourner une cafetière, mais c’est largement suffisant pour des capteurs autonomes dans des environnements hostiles.

Et surtout, ce prototype présente deux avantages clés : il ne contient aucune matière radioactive en lui-même, ce qui le rend facile à manipuler, et il pourrait fonctionner pendant des dizaines d’années sans recharge. Le rêve de l’autonomie énergétique à long terme devient un peu plus concret.

Une solution idéale pour les capteurs dans les lieux extrêmes, hostiles ou inaccessibles

Ce genre de batterie n’est évidemment pas destiné à notre quotidien – pas encore. Mais dans certains domaines très spécifiques, elle pourrait changer la donne. Imaginez des capteurs placés près de réacteurs, dans des zones contaminées ou même sur des sondes spatiales. Là, la faible puissance devient un atout, car ces systèmes exigent une fiabilité absolue sur la durée, sans intervention humaine.

On pense aussi aux fonds marins, aux glaciers isolés ou même à certains instruments scientifiques enterrés dans des déserts. Bref, tous les endroits où le changement de pile est soit impossible, soit absurde. Dans ces cas, cette technologie pourrait devenir la référence de demain.

Cristaux, puissance, rendement : les pistes explorées pour démultiplier l’efficacité du système

Les chercheurs en sont conscients : pour passer de la démonstration à l’usage industriel, il va falloir améliorer le rendement. Leur prochain objectif ? Travailler la forme et la composition des cristaux scintillateurs, pour optimiser la conversion. Et bien sûr, augmenter la taille de la batterie pour gagner en puissance.

Le chemin reste long et truffé de défis techniques, mais la perspective est enthousiasmante. Pour une fois, on pourrait transformer un passif dangereux en actif vertueux. Faire d’un déchet radioactif une source d’énergie propre : l’idée semble folle, mais elle est aujourd’hui scientifiquement plausible.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Futura

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