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Alerte sur le littoral : ces vagues de 35m forcent les ingénieurs à repenser toutes nos digues

Au cœur du Pacifique Nord, des satellites ont mesuré des vagues atteignant 35 mètres après le passage de la tempête Eddie. Ces données, publiées en 2025, éclairent la façon dont l’énergie des tempêtes traverse les océans et redessine l’évaluation des risques côtiers.

Une vague géante de 35 mètres se dresse en plein océan Pacifique sous un ciel orageux, avec un cargo minuscule à l’horizon.
Au cœur du Pacifique Nord, une houle exceptionnelle atteint 35 mètres après la tempête Eddie, révélant une énergie capable de traverser l’océan et de menacer les littoraux à des milliers de kilomètres. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

La tempête Eddie a généré des vagues de 35 mètres capables de traverser tout le Pacifique Nord

Fin 2024, la tempête Eddie frappe le Pacifique Nord. Loin des côtes, elle soulève des vagues de 35 mètres. Les satellites observent aussi des hauteurs moyennes supérieures à 19 mètres. Cette énergie océanique parcourt près de 24 000 kilomètres, jusqu’au passage de Drake.

Ensuite, la houle atteint l’Atlantique tropical au début de 2025. Sur les plages d’Hawaï et de Californie, le Eddie Aikau Invitational profite de ces conditions hors normes. Pourtant, l’enjeu dépasse le surf. Eddie prouve qu’une tempête peut agir à distance.

Les mesures du satellite SWOT confirment l’existence de houles très longues et bien plus puissantes

Jusqu’ici, les modèles estimaient la hauteur des vagues en pleine mer. Les observations directes restaient rares. Le satellite SWOT en orbite, fruit d’un partenariat NASA-CNES, change la donne. Il mesure la longueur d’onde et la hauteur des houles géantes.

En décembre 2024, les chercheurs valident des vagues de très longue période. Certaines affichent jusqu’à 30 secondes entre deux crêtes. Cette période de 30 secondes révèle une concentration d’énergie inattendue. Les anciens calculs surestimaient jusqu’à vingt fois certaines intensités.

De plus, l’étude publiée en septembre 2025 dans Proceedings of the National Academy of Sciences affine la représentation des vagues extrêmes. Les scientifiques intègrent enfin les interactions non linéaires entre ondes courtes et longues. Cette approche modifie la lecture des tempêtes majeures.

Une énergie concentrée dans quelques vagues dominantes qui change l’évaluation des risques maritimes

Les données montrent que l’énergie ne se répartit pas uniformément. Elle se concentre dans un nombre limité de vagues dominantes. Cette concentration d’énergie surprend les océanographes. Elle explique pourquoi certaines houles frappent plus fort que prévu sur des littoraux éloignés.

Ainsi, ces vagues longues amplifient l’érosion et fragilisent les ports. Elles peuvent provoquer une submersion côtière loin du cœur de la tempête. Les autorités disposent désormais d’indicateurs plus précis pour anticiper ces impacts.

Des données cruciales pour adapter les infrastructures face à des tempêtes potentiellement plus intenses

Ces résultats dépassent le cadre académique. Ils offrent un outil concret pour dimensionner digues et ouvrages portuaires. Dans un contexte de changement climatique, la question devient stratégique. Les chercheurs restent prudents sur l’évolution future des tempêtes.

Selon Fabrice Ardhuin, des modélisations relient l’intensité de certaines tempêtes aux tendances globales. Toutefois, la topographie des fonds marins joue un rôle clé. Chaque littoral réagit différemment face à une tempête majeure et à sa houle associée.

Enfin, la mission SWOT marque un tournant pour la surveillance satellitaire des océans. Les ingénieurs affinent les normes de construction en mer. Les scientifiques interprètent aussi mieux certains signaux sismiques d’origine océanique. Les vagues géantes deviennent ainsi des indicateurs précieux.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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