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L’ADN des ours polaires évolue rapidement en réponse au changement climatique

Une telle résilience est porteuse d'espoir pour cette espèce menacée

— Alexey Seafarer / Shutterstock.com

De récents séquençages génétiques ont révélé des changements significatifs dans le génome de certains ours polaires. De tels mécanismes de défense les aideraient à faire face au changement climatique.

Mécanisme de survie

Menés par des chercheurs de l’université d’East Anglia, ces nouveaux travaux ont porté sur les échantillons sanguins de 17 ours polaires, dont 12 évoluaient dans les régions les plus froides du Groenland (nord-est) et 5 dans les plus impactées par le réchauffement climatique (sud-est).

L’équipe s’est essentiellement concentrée sur les transposons, des séquences d’ADN capables de se déplacer de manière autonome au sein d’un génome et d’influencer significativement son activité.

Chez les individus confrontés aux conditions les plus chaudes, les séquençages ARN ont révélé des changements uniques dans celle des gènes liés au stress thermique, au vieillissement et au métabolisme.

« Cette découverte est importante car elle montre, pour la première fois, qu’un groupe d’ours polaires vivant dans la partie la plus chaude du Groenland utilise des ‘ gènes sauteurs ‘ pour réécrire rapidement son ADN », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Mobile DNA. « Il s’agit probablement d’un mécanisme de survie désespéré face à la fonte de la banquise. »

ours polaire
— outdoorsman / Shutterstock.com

Une espèce vulnérable

Si cette capacité d’adaptation est porteuse d’espoir pour l’avenir de ce prédateur iconique, il reste particulièrement vulnérable, avec 8 de de ses 19 populations à l’échelle mondiale en déclin. « Nous devons continuer à faire tout notre possible pour réduire les émissions mondiales de carbone et limiter la hausse des températures », rappellent les chercheurs.

Pour l’équipe, la prochaine étape consistera à étendre l’analyse à des groupes d’ours polaires évoluant dans d’autres régions du monde, qui pourraient révéler d’autres variations génétiques.

Il ne s’agit évidemment pas de la seule conséquence du changement climatique sur l’espèce.En Amérique du Nord, la perte d’habitat des ours polaires les poussent en effet à s’aventurer sur les terres des grizzlis, ce qui se traduit par des croisements de plus en plus fréquents entre les deux espèces, avec des hybrides appelés « pizzlys » ou « grolars ».

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