Aller au contenu principal

Une première mondiale : ces abeilles sud-américaines ont désormais des droits juridiques

« Cette ordonnance marque un tournant dans notre relation avec la nature »

— Cornel Constantin / Shutterstock.com

À l’heure où les populations de pollinisateurs diminuent dangereusement à l’échelle mondiale, deux municipalités péruviennes ont accordé aux abeilles sans dard d’Amazonie le droit d’être représentées devant les tribunaux.

Insectes en danger

La tribu des Meliponini regroupe des centaines d’espèces d’abeilles. Si ces insectes sociaux, dépourvus de dard, sont observés dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier, près de la moitié d’entre eux vivent en Amazonie, où ils pollinisent environ 80 % de la flore. Ce qui inclut des cultures d’importance mondiale. Notamment le café, le chocolat, et l’avocat.

Élevés depuis l’ère précolombienne par les peuples locaux, ils sont par ailleurs connus pour produire un miel aux propriétés anticancéreuses, antibactériennes, antifongiques, anti-inflammatoires et antivirales.

À l’instar des autres abeilles de la planète, le changement climatique, la perte d’habitat (déforestation) et l’utilisation de pesticides impactent lourdement les Meliponini, et, pour ne rien arranger, ces butineuses inoffensives sont également en concurrence avec des espèces non-endémiques, importées par les colons européens.

Des arrêtés fondateurs

Emboîtant le pas à Satipo, située dans le centre-sud du Pérou, la municipalité de Nauta a récemment accordé aux abeilles sans dard d’Amazonie un ensemble sans précédent de droits :

Celui d’exister et de prospérer, de vivre dans un habitat sain, climatiquement stable et exempt de pollution, et d’être représentées devant les tribunaux en cas de menace ou de préjudice.

Selon Constanza Prieto, de l’ONG Earth Law Center, « cette ordonnance marque un tournant dans notre relation avec la nature, en rendant les abeilles sans dard visibles, leur reconnaissant des droits, et affirmant leur rôle essentiel dans la préservation des écosystèmes. »

Des mesures similaires pourraient rapidement être adoptées dans d’autres régions du globe, où les conséquences du déclin des pollinisateurs se font déjà largement ressentir.

Par Yann Contegat, le

Source: The Guardian

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *