Un sursaut gamma détecté par le satellite SVOM pourrait bien bouleverser notre vision des premières étoiles et du Big Bang. Cette explosion stellaire, survenue aux confins de l’Univers observable, offre une plongée vertigineuse dans les premières étapes de la formation cosmique, et remet en question bien des certitudes.

Une explosion d’étoile repérée 13 milliards d’années après sa naissance : une première historique pour l’astronomie
Imaginez une étoile qui explose si loin dans l’Univers que sa lumière met 13 milliards d’années pour nous atteindre. C’est exactement ce qu’a réussi à capter le satellite SVOM le 14 mars 2025. Le sursaut gamma observé, baptisé GRB 250314A, n’a duré qu’une dizaine de secondes.
Pourtant, ce court signal a eu un retentissement immense dans la communauté scientifique. Il marque la détection de la supernova la plus ancienne et la plus lointaine jamais observée. C’est donc une première absolue pour les chercheurs qui scrutent l’Univers primordial. Cette étoile a explosé quand le cosmos était encore jeune.
Un signal infrarouge uniquement, détecté par SVOM puis confirmé depuis la Terre : que signifie ce phénomène ?
Ce qui a surpris les astrophysiciens, c’est l’absence totale de lumière visible. En effet, seuls des rayonnements infrarouges ont été perçus, preuve que la source était très éloignée. L’expansion de l’Univers a ainsi décalé la lumière vers le rouge, un effet bien connu des cosmologistes.
Pour valider cette hypothèse, les scientifiques ont rapidement mobilisé des observatoires terrestres comme le VLT au Chili. Grâce à ces observations complémentaires, ils ont mesuré un décalage spectral de 7,3, ce qui correspond à une lumière partie de la supernova seulement quelques centaines de millions d’années après le Big Bang. Un véritable saut dans le temps.
Cette supernova pourrait appartenir à la Population III : un indice clé sur les premières étoiles de l’Univers
L’intérêt majeur de cette découverte, c’est qu’elle pourrait concerner une étoile de la Population III, ces étoiles hypothétiques nées du Big Bang, composées uniquement d’hydrogène et d’hélium. Jamais observées directement, elles sont la clé de voûte de notre compréhension de l’Univers naissant.
Par conséquent, l’analyse spectrale du sursaut GRB 250314A pourrait révéler la composition chimique exacte de son origine. Cela permettrait de valider les théories sur l’enrichissement progressif de la matière et l’évolution des étoiles vers des formes plus complexes, riches en métaux et propices à la formation de planètes.
Si cette hypothèse se confirme, ce serait la toute première fois que l’on observe indirectement une étoile de cette génération primordiale. Une avancée majeure pour l’astrophysique, qui cherche depuis des décennies à mettre en lumière les premiers objets stellaires formés après le Big Bang.
Ce type d’événement est rare et précieux : il nous permet de lire les premières pages de l’histoire cosmique
Des sursauts gamma aussi anciens ne se produisent presque jamais à notre portée. Or, le dernier détecté remontait à douze ans. La mission SVOM, lancée en 2022, démontre ici toute son importance. Grâce à elle, une nouvelle ère s’ouvre pour l’observation de l’Univers profond.
En effet, chaque signal de ce type est comme un fragment d’archive cosmique, un message codé venu de l’aube des temps. Moi, je reste bouche bée face à cette pensée : quelque part, il y a 13 milliards d’années, une étoile a explosé juste pour qu’on l’observe aujourd’hui. Vertigineux, non ?
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: 20minutes
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