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La pollution sonore entraîne la mort prématurée des poissons

Les chercheurs ont également constaté que ceux-ci présentaient un risque de maladies plus important

Des chercheurs gallois ont récemment déterminé que la pollution sonore rendait les poissons plus sensibles aux maladies, et qu’une exposition prolongée se traduisait par une mort précoce. Explications.

Un impact sur la vie sous-marine longtemps sous-estimé

Dans le cadre de travaux présentés dans la revue PNAS, une équipe de scientifiques de l’université de Cardiff, au pays de Galles, s’est penchée sur les effets des activités humaines, et plus particulièrement des sources de pollution sonore d’origine anthropique (incluant le bruit généré par les véhicules, engins lourds et autres machines en fonctionnement) sur la nature. Les différentes analyses menées ont montré que celle-ci était susceptible d’engendrer du stress, une perte d’audition, des changements comportementaux ainsi qu’un affaiblissement de l’immunité.

Si la présence de bruit d’origine humaine a été détectée dans la totalité des principaux habitats de la planète, et ses effets néfastes sur les animaux terrestres (qu’il s’agisse de vertébrés ou d’invertébrés) largement documentés, l’impact de la pollution sonore sur la vie aquatique a longtemps été sous-estimée, en grande partie à cause de la croyance erronée voulant que le monde sous-marin soit « silencieux ».

Afin de mieux cerner les effets du bruit sur les poissons, et notamment de vérifier si celui-ci affectait leur sensibilité à l’infection parasitaire, les auteurs de l’étude ont diffusé du bruit à l’intérieur d’aquariums contenant des guppys, espèce tropicale prisée des passionnés d’aquariophilie. Un groupe de poissons a été exposé à un bruit « aigu » continu sur une période de 24 heures, tandis qu’un second a été exposé de façon chronique à un bruit plus faible sur une période de 7 jours. Les effets ont ensuite été mesurés en comparant les poissons à d’autres spécimens n’ayant pas été exposés à ce type de nuisance sonore.

Les chercheurs ont précisé que l’eau de l’ensemble des installations avait été changée complètement tous les deux jours, et que l’ensemble des poissons, y compris ceux du groupe de contrôle, avaient été anesthésiés afin d’être infectés par un parasite (à l’issue de la période de 24 heures pour le premier groupe, et durant celle de sept jours pour le second).

Il y a quelques mois, une étude avait montré une baisse significative de la pollution sonore sous-marine durant la période de confinement consécutive à la pandémie de coronavirus — wildestanimal / Shutterstock.com

« Nos travaux s’ajoutent à l’ensemble croissant de preuves démontrant un lien entre la pollution sonore et la baisse de la santé animale »

Au cours des 17 jours de surveillance de la population test, les poissons exposés au bruit aigu ont subi une infestation parasitaire nettement plus forte, tandis que ceux exposés pendant une semaine à un bruit chronique présentaient des risques plus élevés de mortalité précoce. La plupart des représentants du second groupe sont morts le 12e jour, contre 14 jours en moyenne pour les autres groupes de poissons.

« En révélant les effets néfastes du bruit aigu et chronique sur les interactions hôte-parasite, nos travaux s’ajoutent à l’ensemble croissant de preuves démontrant un lien entre la pollution sonore et la baisse de la santé animale », ont notamment écrit les chercheurs. Ces derniers ont par ailleurs rappelé que la pollution sonore constituait un problème reconnu en matière de santé et de bien-être, soutenu par des réglementations internationales s’efforçant de limiter ses effets sur la santé.

Bien que la réalisation de nouvelles expériences soit nécessaire afin d’explorer plus précisément les conséquences de la pollution sonore sur le système immunitaire des poissons, ces recherches pourraient également bénéficier aux efforts de conservation des espèces ainsi qu’aux fermes piscicoles, dont les populations se révèlent particulièrement vulnérables aux attaques de parasites (avec des niveaux de perte d’espèces sans précédent chez les poissons d’eau douce).

« En fin de compte, notre étude souligne le besoin de garder la pollution sonore à un seuil minimum afin d’éviter une élévation du risque de maladies et des taux de mortalité », a souligné Numair Massoud, auteur principal de l’étude. Des propos faisant écho à une étude menée par des chercheurs de l’université de Belfast et publiée fin 2019 qui avaient établi que le bruit affectait amphibiens, arthropodes, oiseaux, poissons, mammifères, mollusques et reptiles et militaient pour que les bruits issus de l’activité humaine soit considérés comme un « polluant majeur global ».

— To Be Determined / Shutterstock.com

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