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Non, le coronavirus n’est pas le fruit de sombres recherches scientifiques

Selon certaines théories, le virus aurait même été fabriqué par l'institut Pasteur, en France

Alors que le nouveau coronavirus continue de se propager à l’échelle mondiale, avec des centaines de milliers de cas confirmés, un mythe tenace veut que le virus SRAS-CoV-2 ait été fabriqué par des scientifiques et se soit accidentellement échappé d’un laboratoire de la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l’épidémie, ou même de l’institut français Pasteur.

« Le SARS-CoV-2 n’est pas un virus développé en laboratoire ou manipulé à dessein »

Publiée dans la revue Nature Medicine, cette nouvelle étude pourrait finalement mettre un terme à l’idée que le coronavirus ait été développé en laboratoire. Dans le cadre de celle-ci, des chercheurs ont comparé le génome du SARS-CoV-2 avec celui des six autres coronavirus connus pour toucher les humains (deux d’entre eux peuvent provoquer de graves complications tandis que les quatre autres n’induisent généralement que de légers symptômes), et estimé que les analyses menées montrent clairement que « le SARS-CoV-2 n’est pas un virus développé en laboratoire ou manipulé à dessein ».

Dressées autour de l’enveloppe du virus, les protéines pointues (ou spicules) du SARS-CoV-2 vont lui permettre de se fixer aux parois extérieures des cellules de l’hôte et de pénétrer ensuite à l’intérieur de ces dernières. Les analyses réalisées ont révélé que le « crochet » des spicules avait évolué pour cibler spécifiquement le récepteur ACE2, situé à l’extérieur des cellules humaines et notamment impliqué dans la régulation de la pression artérielle. Et celui-ci se révèle si efficace pour se fixer aux cellules humaines que les chercheurs en ont déduit que les protéines impliquées étaient le résultat de la sélection naturelle et non du génie génétique.

Pour arriver à cette conclusion, ces derniers se sont penchés spécifiquement sur les séquences de gènes responsables de deux caractéristiques clés de ces protéines pointues : le « domaine de liaison au récepteur », se fixant aux cellules hôtes, et le « site de clivage » permettant au virus de pénétrer dans ces cellules. Et selon Kristian Andersen, auteur principal de l’étude, la nature des mutations constatées « exclut la manipulation en laboratoire comme origine potentielle du SARS-CoV-2 ».

Le SARS-CoV-2 se révèle proche du virus responsable du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Après les avoir comparés, les auteurs de l’étude ont constaté que leurs simulations informatiques considéraient les mutations du CoV-2 comme théoriquement peu susceptibles de se fixer aux cellules humaines. De ce fait, ils ont conclu que si des scientifiques avaient délibérément conçu ce virus en laboratoire, ils n’auraient pas choisi de telles mutations. Selon eux, le nouveau coronavirus a trouvé un moyen meilleur, et complètement différent de tout ce que les scientifiques auraient pu créer, pour muter.
— AN Images / Shutterstock.com

Deux scénarios envisagés pour expliquer l’origine du SARS-CoV-2

Il s’avère par ailleurs que la structure moléculaire globale du SARS-CoV-2 est différente de celle des coronavirus connus et s’apparente davantage à celle de virus touchant les chauves-souris et les pangolins, qui avaient été peu étudiés avant le début de l’épidémie. « Si quelqu’un cherchait à créer un nouveau coronavirus comme agent pathogène, il l’aurait construit en s’appuyant sur la colonne vertébrale d’un virus connu pour causer des maladies », estiment notamment les chercheurs.

Pour l’heure, deux pistes sont privilégiées pour expliquer l’origine du SARS-CoV-2. S’appuyant sur les récentes épidémies de coronavirus (SRAS et MERS), la première estime que le virus a été transmis par la chauve-souris à un animal intermédiaire (possiblement un pangolin), qui l’a lui-même transmis aux humains. Dans ce cas de figure, les caractéristiques génétiques rendant le nouveau coronavirus si efficace pour infecter les cellules humaines (ses pouvoirs pathogènes) auraient été développées avant que celui-ci ne soit transmis à l’être humain. Tandis que celles-ci seraient apparues après que le virus a infecté un hôte humain dans le second scénario.

Ces nouveaux détails pourraient aider les scientifiques à prédire l’évolution de la pandémie : si le virus a infecté les cellules humaines sous une forme pathogène, cela augmente la probabilité de futures flambées : en circulant au sein de la population animale, il pourrait à nouveau se propager à l’être humain et provoquer une nouvelle épidémie. À l’inverse, si celui-ci doit préalablement infecter les humains avant de développer ses propriétés pathogènes, les chances que de futures épidémies surviennent seraient plus faibles.

Par Yann Contegat, le

Source: Live Science

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  • étant donné que j’ai le fascicule du brevet européen sous les yeux, je vais nettement moins croire en ce que tu dis à compter de ce jour