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Star Trek : comment cette oeuvre progressiste a bouleversé la télévision des années 60

Elle a choqué en montrant l'amour d'une femme noire et d'un homme blanc

Créée par Gene Roddenberry, Star Trek a marqué l’histoire de la science-fiction à de nombreuses reprises grâce à ses différentes adaptations. Films, séries TV, romans ou bandes dessinées ont participé à la création du mythe ainsi qu’au développement de ses histoires. Aussi bien dans ses scénarios que dans la réalité, la saga a souvent été en avance sur son temps. Le Daily Geek Show vous explique pourquoi Star Trek est une série progressiste.

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Depuis 1966, Star Trek fait partie des plus grandes franchises de science-fiction. En situant son histoire dans un futur utopique où la maladie, le racisme, l’intolérance ont été réduits à néant, la saga part sur des bases saines dans le but de projeter le fan dans des aventures dénuées des problèmes modernes. Si ses débuts télévisés n’ont pas rencontré un grand succès, Star Trek a tout de même réussi à réunir des passionnés qui n’ont de cesse de défendre corps et âme la création de Roddenberry et pour cause : Star Trek est vraiment une oeuvre à part. La franchise a, à de nombreuses reprises, étonné ou choqué ses spectateurs par des prises de position surprenantes aussi bien concernant la politique que la vie sociale des personnages.

« LE PUBLIC APPRECIE UNE EMISSION QUI DIT QUE LES CATHOLIQUES ET LES MUSULMANS, LES NOIRS ET LES BLANCS VONT FINIR PAR S’AIMER. »
G. Roddenberry

Pour bien comprendre en quoi Star Trek est original, il faut revenir aux origines de sa création. Durant la Seconde Guerre mondiale, le créateur de la saga était pilote d’avion de chasse, un poste qu’il avait intégré en 1941 avant d’être envoyé dans le Pacifique. Pour son service, l’armée le gratifia de plusieurs médailles mais il resta à la fois horrifié et traumatisé par les horreurs de la guerre. De retour au pays, il se tourne vers l’écriture de scénarios policiers pour le petit écran et cette nouvelle carrière va lui offrir une tribune pour faire passer ses idées pacifistes. Pour s’éloigner de l’actualité oppressante de la guerre froide et inspiré par les grandes campagnes de conquêtes spatiales, il décide de rédiger une histoire de science-fiction situant son histoire dans une société tolérante et pacifiste où tous vivent en paix, sans discrimination.

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De cette situation initiale, il développe toute une trame basée sur la recherche scientifique et l’exploration spatiale. Ici, pas de conquête et pas de guerre : les personnages ne sont poussés que par la volonté de découvrir, de grandir sans jamais intervenir ou interrompre le développement d’autres cultures. L’idée de base de la série est prometteuse mais ne s’arrête pas là : alors que Star Trek nous narre les aventures d’un équipage de vaisseau partant à la découverte de l’univers, Roddenberry prend soin de créer des personnages à la fois différents et proches.

En effet, les membres du vaisseau principal, l’USS Enterprise, sont tous d’origines, de confessions et de couleurs différentes. A bord, on retrouve aussi bien des humains que des extraterrestres et tous sont égaux. Voilà un sacré choc pour l’Amérique puritaine des années 60 qui, non seulement digère mal le fait qu’un extraterrestre puisse prendre une telle place dans un récit mais en plus, qu’il soit accompagné d’hommes et de femmes de couleur occupant des postes de commandement.

C’est le cas de Nyota Uhura, un lieutenant de l’USS Enterprise NCC-1701 respecté aussi bien pour ses décisions que pour l’écoute dont elle fait preuve à bord. Cette femme, dont le nom signifie Liberté en swahili (une langue d’Afrique de l’Est), est toujours prête a épauler Kirk, le capitaine du vaisseau. Leur relation va d’ailleurs bouleverser les moeurs d’un grand nombre d’Américains lorsque les personnages s’embrassent dans l’épisode « Plato’s Stepchildren » (1967). A une époque où les Noirs et les Blancs n’ont toujours pas le droit de s’asseoir les uns à côté des autres dans un autobus et où des zones sont réservées aux personnes de couleur dans les lieux publics, cette démonstration physique fait quelque peu tache.

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Le baiser échangé par Kirk et Uhura est aussi décrit, à tort, comme le premier entre une personne noire et une personne blanche à la télévision. En réalité, c’est en regardant une émission mettant en scène Nancy Sinatra (1967) que les spectateurs américains virent le premier baiser entre deux personnes de couleurs différentes. Nous noterons tout de même que Star Trek est restée dans les esprits comme la première série à réaliser une telle scène. De façon à ne pas provoquer le public, l’histoire plongeait les protagonistes dans une situation dont ils n’étaient pas maîtres : en effet, les personnages étaient forcés de s’embrasser, manipulés par télékinésie. De plus, William Shatner et Nichelle Nichols furent priés de ne pas faire toucher leurs lèvres. En réalité, la chaîne craignait la colère des Américains vivant dans le sud des États-Unis et pourtant, la réponse du public fut assez positive et encouragea même la NBC à recommencer.

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Dans l’idée de représenter tous les Américains dans sa série, Roddenberry confia un rôle d’importance à l’acteur George Takei qui participa à faire voler en éclats les stéréotypes sur les personnages asiatiques en interprétant Hikaru Sulu. Né à San Francisco, le personnage est lieutenant à bord du célèbre vaisseau de Starfleet. Pour toujours plus de diversité et alors que la série est développée en pleine guerre froide, Pavel Chekov est aussi intégré à l’équipe. Il s’agit d’un chargé de navigation russe à l’accent suffisamment marqué pour être explicite. Malgré les efforts du staff de la chaîne, NBC met un terme à la série en 1969, faute d’audience, mais heureusement la série ne disparaît pas pour autant.

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C’est grâce au travail assidu de la Paramount qui produit le show, des fans appelés Trekkies et de Roddenberry lui-même que l’univers de Star Trek trouvera un nouveau souffle durant les années suivant sa disparition. En projetant la série sur différents réseaux et différents horaires à travers les États-Unis, tous parviennent à faire renaître la série et à la placer parmi les oeuvres cultes du petit écran. Petit à petit, Star Trek devient célèbre et connait différentes adaptations cinématographiques, télévisuelles, vidéoludiques ou littéraires sans jamais cesser de faire avancer les esprits. En effet, dans l’épisode Rejoined (1995), deux personnages féminins du nom de Jadza et Lenara s’embrassent et sont, cette fois-ci, réellement amoureuses l’une de l’autre. Ces scénarios « osés » pour l’époque ont fait de la série un vrai succès et ont permis à Roddenberry de participer à la création du premier film d’une longue lignée, Star Trek The Motion Picture en 1979. 13 films ont suivi, renouvelant l’intérêt des fans pour l’oeuvre, 6 séries furent diffusées sur les petits écrans du monde entier et une série animée fut aussi créée en 1973.

Sorti de l’ombre, l’univers de Star Trek a influencé un grand nombre de cinéastes, artistes et autres créateurs. Consécration ultime, l’oeuvre a traversé l’écran pour devenir un point fort de la culture populaire américaine et mondiale si bien que durant son mandat, Barack Obama, le premier président noir des États-Unis, s’est fait un plaisir de prendre la pause auprès de Nichelle Nichols pour faire le salut vulcain. Une photographie qui aurait certainement plu à Roddenberry, mort en 1991.

Au fil du temps, Star Trek est devenue une série mythique qui a marqué la télévision des années 60 et 70. L’homosexualité, la couleur de peau, les origines, ou encore le sexe des personnages de Gene Roddenberry n’ont jamais posé problème dans l’univers de la série et s’il en est tout autre dans la vie réelle, il est bon de se rappeler que même s’il s’agit d’une oeuvre de science-fiction, elle a aussi pour but de nous projeter dans un avenir possible.

Par JJJ, le

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