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Réputées solitaires, les pieuvres sous ecstasy sont aussi tactiles et sociables que l’humain

À première vue, ces céphalopodes gélatineux n’ont pas grand chose en commun avec nous. Pourtant, des chercheurs américains viennent de découvrir un lien insoupçonné dans l’évolution entre humains et poulpes en plongeant ces derniers dans une eau contenant de la MDMA liquéfiée. Explications.

Des comportements très similaires aux nôtres

Créatures gélatineuses pourvues de huit tentacules et de trois cœurs, les poulpes sont bien différents de nous sur le plan anatomique. Pourtant, lorsque ces céphalopodes se retrouvent plongés dans une eau contenant de l’ecstasy liquéfiée, leur comportement se révèle incroyablement similaire au nôtre, puisque ces derniers se montrent alors plus amicaux et sociaux. Récemment publiée dans la revue Current Biology, cette étude fascinante a été réalisée par des neuroscientifiques de la Johns Hopkins University School of Medicine.

Comme l’a expliqué Gül Dölen, l’un des chercheurs ayant participé à l’étude : « Le cerveau du poulpe est bien plus proche de celui de l’escargot que du nôtre, mais nos recherches démontrent que ces créatures conscientes et intelligentes peuvent avoir des attitudes très similaires aux nôtres ». En effet, les céphalopodes possèdent une mémoire épisodique, apprennent par observation et disposeraient même d’un sens de l’humour développé qui les pousseraient à faire des farces.

 

De nature solitaire, les poulpes deviennent beaucoup plus sociables sous MDMA

En étudiant la séquence génomique des poulpes, les chercheurs ont notamment remarqué que le code génétique du transporteur liant le neurotransmetteur sérotonine, qui régule l’humeur, à la membrane des neurones était très semblable au nôtre. En reliant les cellules transportant la sérotonine, la MDMA, ou ecstasy, altère les humeurs et transporte ses « hôtes » dans un état d’euphorie intense, et les scientifiques ont découvert que les poulpes, réputés pour leur caractère solitaire, qui étaient exposés à cette substance devenaient effectivement bien plus sociables.

Quatre céphalopodes ont ainsi été plongés pendant 10 minutes dans de l’eau contenant de la MDMA liquéfiée, qu’ils ont absorbé à travers leurs branchies, puis placés dans quatre compartiments expérimentaux. Les créatures marines ont alors montré un fort intérêt pour les dispositifs voisins, chose qu’elles ne faisaient pas avant d’avoir consommé de l’ecstasy. Une expérience qui démontre selon les scientifiques que les circuits du cerveau qui guident les attitudes sociales chez les poulpes sont très proches des nôtres.

Cette meilleure compréhension de l’évolution du signalement sérotoninergique et son rôle dans la régulation des comportements sociaux devrait notamment aider les scientifiques à mettre au point des antidépresseurs plus efficaces.

Notre site ne cautionne évidemment pas l’usage de telles substances, par ailleurs illégales, sur des animaux. À noter que la consommation de MDMA est interdite par la loi. 

Par Yann Contegat, le

Source: Atlantico

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