
La composition de l’émail de dents du redoutable Tyrannosaurus rex appuie l’idée qu’à l’instar des oiseaux et mammifères modernes, ce dinosaure iconique était endotherme, ou « à sang chaud ».
Sancho le T. rex
Pour parvenir à cette conclusion, Robert Eagle, de l’université de Californie, et ses collègues ont examiné trois dents fossilisées de T. rex, puis comparé leur profil chimique à celui de spécimens provenant de crocodiles préhistoriques de la fin du Crétacé, et de différents mammifères disparus et actuels, incluant mammouths et éléphants.
Les espèces ectothermes, ou « à sang froid », se réchauffent en se prélassant au Soleil, tandis que la température de leurs homologues endothermes, ou « à sang chaud », est régulée par leur métabolisme. Si une telle caractéristique leur a historiquement permis de coloniser des environnements plus froids, elle implique également des besoins alimentaires plus importants, et dans le cas des prédateurs, une chasse plus active.
La nouvelle analyse isotopique s’est concentrée sur les liaisons carbone-13-oxygène-18, plus abondantes dans les minéraux se formant à basse température et donc les dents des créatures ectothermes. Les comparaisons ont permis d’estimer la température corporelle du T. rex à environ 36 °C, similaire à celle des grands mammifères actuels mais inférieure à celle de nombreux oiseaux.
Il s’est avéré qu’elle était également nettement supérieure à celle des crocodiles préhistoriques provenant de la même formation géologique, et de l’environnement de Hell Creek (Montana) il y a environ 66 millions d’années, sur la base de modélisations climatiques. « Ces données suggèrent que le T.rex aurait pu occuper l’ensemble du continent nord-américain à l’époque du Crétacé. »

Implications
Selon Scott Persons, du musée d’État de Caroline du Sud, l’idée que le roi des dinosaures était une créature à sang chaud n’est pas nouvelle. « Ses taux de croissance osseuse, les rapports proie-prédateur et une multitude de traits anatomiques, indiquant des capacités athlétiques hors-normes, le suggéraient fortement », rappelle-t-il.
De son côté, Thomas Carr, du Carthage College dans le Wisconsin, estime que ce superprédateur actif aurait prospéré à la fois dans des régions plus septentrionales et méridionales que ne l’indique son aire de répartition avérée.
« Dans les deux cas, sa température corporelle était supérieure à celle de l’air ambiant, ce qui renforce également l’idée d’une migration des tyrannosaures de l’Asie vers l’Amérique du Nord à des latitudes élevées », concluent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances.
En début d’année, une étude avait révélé de nouveaux secrets du roi des dinosaures.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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