
Une nouvelle xénotransplantation. La greffe d’un rein de porc a permis à un sexagénaire américain souffrant d’insuffisance rénale sévère d’éviter la dialyse pendant neuf mois. Il a depuis reçu un organe provenant d’un donneur humain.
Sans précédent
Lorsque nos reins ne fonctionnent plus, en l’absence de greffe, la dialyse devient vitale. La demande dépassant largement le nombre d’organes humains disponibles, l’une des solutions consiste à transplanter leurs équivalents animaux, préalablement modifiés génétiquement afin de réduire le risque de rejet.
Un an après la première greffe de rein porcin, chez un patient décédé 52 jours plus tard de causes cardiaques, Tim Andrews, âgé de 66 ans et souffrant d’insuffisance rénale terminale, a choisi de subir la même procédure, pour stopper la dialyse le temps qu’un organe humain compatible soit disponible. Prélevé sur un cochon nain du Yucatan, le rein avait été modifié avec sept gènes humains et la production de certains antigènes glucidiques porcins, contre lesquels nous produisons des anticorps, inhibée.
Ces neuf mois n’ont pas été un long fleuve tranquille. Si le patient a effectivement pu stopper la dialyse, au bout de six mois, il a été admis à l’hôpital pour une infection bactérienne résistante aux antibiotiques. La réduction du traitement immunosuppresseur a été suivie de lésions rénales graves, conduisant finalement au retrait de l’organe porcin 271 jours après la transplantation, ce qui constitue un record.
A pig kidney transplant worked for a record nine months. This enabled the recipient to stay off dialysis for longer while waiting for a suitable human donor's kidney to become available https://t.co/QdMvmltefh
— New Scientist (@newscientist) September 6, 2026
Andrews a repris la dialyse pendant environ trois mois, avant de finalement recevoir un rein humain compatible en janvier 2026. Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue The Lancet, c’était la première fois qu’un organe porcin était utilisé comme solution temporaire.
Une alternative amenée à se généraliser
D’après Leonardo Riella, de l’hôpital Mass General Brigham de Boston, où la procédure a été réalisée, d’ici une quinzaine d’années, les greffes de reins de porc pourraient rivaliser avec leurs équivalents humains et ainsi permettre à de nombreux patients de s’affranchir des séances de dialyse, « usant considérablement l’organisme ».
Actuellement, cinq patients ayant bénéficié du même type de greffe qu’Andrews font l’objet d’un suivi étroit.
« Il est probable que ces interventions soient amenées à se généraliser, mais leur coût restera élevé », commente Michelle Willicombe, de l’Imperial College de Londres. Les alternatives actuellement explorées comprennent l’implantation de reins artificiels, ainsi que la régénération d’organes endommagés.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: greffe, organe, rein
Catégories: Actualités, Santé