Et si une simple courbure dans l’espace révélait enfin la vraie puissance des trous noirs ? Une équipe internationale vient de capturer, pour la première fois, un instantané de leurs jets, bouleversant des décennies d’hypothèses sur la formation des galaxies et l’équilibre de l’Univers.

Mesurer la puissance des jets de trous noirs : un défi resté insoluble pendant 60 ans
Pendant plus d’un demi-siècle, les scientifiques ont observé les jets de matière ultra-rapides jaillir des trous noirs. Pourtant, ils n’ont jamais mesuré directement leur puissance. Ils se sont donc appuyés sur des traces anciennes, comme des bulles de gaz formées sur des milliers d’années. Résultat : des estimations utiles, mais imprécises.
Le problème paraît simple, mais il résiste : comment saisir un phénomène aussi violent au moment exact où il se produit ? Ainsi, les modèles cosmologiques reposent sur des moyennes. Ils accumulent des approximations. En somme, c’est comme juger un orage à partir des flaques laissées au sol.
Cygnus X-1, un système binaire idéal pour observer des jets extrêmes en conditions réelles
Tout bascule avec Cygnus X-1, situé à environ 7 200 années-lumière. Ce système binaire associe un trou noir et une étoile géante bleue dans une danse gravitationnelle intense. Publiée en avril 2026 dans Nature Astronomy, l’étude utilise ce laboratoire naturel pour mesurer, enfin, la puissance réelle des jets presque en temps réel.
Ensuite, les chercheurs analysent 18 années de données radio. Ils remarquent un détail inattendu : les jets ne sont pas rectilignes. Au contraire, ils se courbent légèrement, comme s’un vent les poussait. Dès lors, ce simple indice devient la clé de toute l’étude.
Exploiter la courbure des jets pour calculer leur puissance instantanée avec précision
Le cœur de la méthode repose sur une idée audacieuse. Les chercheurs utilisent le vent stellaire de l’étoile compagnon comme outil de mesure. En effet, ce vent agit comme un obstacle naturel. Il dévie légèrement les jets émis par le trou noir.
Ensuite, ils mesurent l’angle de cette déviation. Grâce à cela, ils déduisent la puissance instantanée du jet, une donnée longtemps hors de portée. Autrement dit, ils lisent la force dans la courbure. L’image est simple : comme un jet d’eau plié par le vent.
Pour aller plus loin, l’équipe combine plusieurs radiotélescopes. Elle crée ainsi un instrument virtuel de la taille de la Terre. Grâce à cette technique, elle capte des détails invisibles autrement. Par conséquent, la précision atteint un niveau inédit.
10 % d’énergie convertie en jets : une donnée clé qui redéfinit les modèles cosmologiques
Le résultat frappe : environ 10 % de l’énergie libérée par la matière en chute alimente les jets. Cette fois, il ne s’agit plus d’une hypothèse. Les chercheurs le mesurent directement. Par conséquent, ce chiffre pourrait modifier en profondeur les modèles cosmologiques.
En effet, ces jets jouent un rôle central dans la régulation de la croissance des galaxies. S’ils sont trop puissants, ils bloquent la formation d’étoiles. À l’inverse, s’ils sont trop faibles, les galaxies grossissent trop vite. Jusqu’ici, ce paramètre restait incertain.
Désormais, les simulations s’appuient sur une base solide. Les trous noirs agissent alors comme de véritables thermostats cosmiques. Ils contrôlent l’évolution de structures gigantesques. Et, peu à peu, ils révèlent comment l’Univers trouve son équilibre.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
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