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Ce traitement peu ragoûtant évoqué par un ancien papyrus égyptien semble réellement efficace

Il n’a pas fait l’objet d’essais cliniques pour des raisons essentiellement éthiques

— © kairoinfo4u / Flickr

Une nouvelle interprétation d’un texte médical égyptien vieux de 3 500 ans renforce l’idée que les médecins de l’époque utilisaient un traitement plutôt insolite (et peu ragoûtant) pour traiter les affections oculaires : le lait maternel humain.

Remède antique

Publiés dans le Journal of Ocular Pharmacology and Therapeutics, ces récents travaux se sont penchés sur le papyrus Ebers, rédigé vers 1550 avant notre ère et considéré comme l’un des témoignages des pratiques médicales de l’Égypte antique les plus complets connus. Parmi les remèdes détaillés, quatre semblaient préconiser l’application de lait maternel pour traiter l’inflammation, les saignements oculaires et éclaircir la vision (notamment dans le cas d’une forme de cécité).

Selon le texte antique, il devait idéalement s’agir d’une femme ayant donné naissance à un garçon, ce qui avait conduit certains égyptologues à les interpréter comme des rituels centrés sur la déesse Isis, dont le lait aurait nourri son fils Horus et redonné vie à son mari défunt, Osiris.

Un avis que ne partage pas les auteurs de la nouvelle étude, qui soulignent que le lait maternel humain contient les facteurs de croissance épidermique (EGF), transformant alpha (TGF-α) et analogue à l’insuline 1 (IGF-1), que l’on retrouve dans des collyres fabriqués à partir du sang des patients eux-mêmes, utilisés pour traiter la sécheresse oculaire sévère.

Le coût de quatre mois de traitement à base de ces « larmes sériques autologues » étant évalué à environ 1 500 euros, les chercheurs se demandent si le lait maternel humain ne constituerait pas une option bien plus abordable pour cette affection, touchant jusqu’à 17 % de la population.

— DaLiloveart / Shutterstock.com

Un potentiel thérapeutique à explorer davantage

S’il est actuellement impossible de répondre de façon définitive à cette question, une poignée d’études suggère un sérieux potentiel pour soulager la sécheresse et favoriser la régénération de la surface oculaire.

Chez les rongeurs, son application avait permis d’accélérer la cicatrisation de la surface cornéenne après une lésion, tandis que chez des prématurés, le colostrum maternel avait été lié à une diminution du risque de conjonctivite, attribuée aux propriétés antimicrobiennes des immunoglobulines et des lysozymes.

Pour des raisons essentiellement éthiques, l’équipe propose d’évaluer dans un premier temps les effets du colostrum bovin ou de dérivés purifiés sur les yeux humains.

En 2018, des chercheurs avaient découvert un remède « anti-gueule de bois » lors de l’examen d’un papyrus datant du IIe siècle.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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