Aller au contenu principal

Un fossile de 7,2 millions d’années : notre plus lointain ancêtre découvert en Bulgarie ?

Les premiers hominines pourraient être apparus en Eurasie, avant de migrer vers l’Afrique

Image d’illustration — Mariana 001 / Shutterstock.com

S’il est généralement admis que nos plus lointains ancêtres sont apparus en Afrique il y a plusieurs millions d’années, un nouveau fossile bulgare pourrait remettre en question cette chronologie.

Un nouveau témoignage de Graecopithecus

Afin de dissiper toute confusion, l’ensemble des humains et leurs ancêtres directs sont des hominidés, mais tous les hominidés ne sont pas rattachés à la lignée Homo. Ses premiers précurseurs sont connus sous le nom d’hominines, et on estime qu’ils sont apparus suite à la scission avec les chimpanzés.

Actuellement, les représentants du genre Orrorin sont considérés comme les plus anciens hominines incontestés. Trouvés au Kenya et datés d’environ 7 millions d’années, leurs témoignages fossiles indiquent que ces créatures possédaient une morphologie proche de celle des chimpanzés, mais se distinguaient par des adaptations permettant la bipédie, ou marche debout.

En 2017, une poignée de dents mises au jour en Grèce avaient été attribuées à un primate primitif nommé Graecopithecus, potentiellement proche des premiers hominines. Récemment, c’est un fémur vieux de 7,2 millions d’années qui a été trouvé sur le site d’Azmaka, en Bulgarie. Attribué à une femelle pesant une vingtaine de kilos, il offre un aperçu sans précédent des capacités locomotrices de ces créatures disparues.

Son examen approfondi a notamment révélé un col fémoral allongé, étroitement associé à la marche sur deux jambes. Selon l’équipe, ce trait morphologique le rapproche des Orrorin, ainsi que d’hominines plus tardifs tels que les australopithèques et les paranthropes. Les différences biomécaniques le distinguant de ces derniers suggèrent une locomotion transitoire, avec des déplacements à la fois bipèdes et quadrupèdes et un temps conséquent passé sur la terre ferme.

Comparaison des os de fémur de Graecopithecus (a), d’un hominine avéré (b) et d’un chimpanzé (c) — © Spassov et al. / Palaeobiodiversity and Palaeoenvironments 2026 / CC-BY

Implications potentielles

Replaçant Graecopithecus dans le contexte plus large de l’évolution humaine, les chercheurs le rattachent à des primates eurasiatiques plus anciens, tels que Ouranopithecus et Anadoluvius.

Lorsque la couverture forestière a largement diminué et que certaines parties de la Méditerranée orientale et de l’Asie occidentale se sont transformées en déserts à la fin du Miocène, ceux-ci auraient délaissé leur mode de vie essentiellement arboricole, ce qui aurait favorisé l’émergence de la bipédie. Par la suite, ces premiers bipèdes auraient migré vers l’Afrique, précédant l’apparition d’Orrorin et de tous les hominines ultérieurs, y compris Homo sapiens.

« Graecopithecus représente une étape clé de l’évolution humaine entre nos ancêtres arboricoles et terrestres », estime David Begun, de l’université de Toronto, co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue Palaeobiodiversity and Palaeoenvironments. « On pourrait certainement le décrire comme un chaînon manquant. »

Il y a quelques semaines, des fossiles vieux de 700 000 ans avaient été attribués à un probable ancêtre proche d’Homo sapiens.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *