Aller au contenu principal

Il y a 7 000 ans, cette femme d’Europe centrale a bénéficié d’un enterrement typiquement masculin

Cette découverte indique une vision flexible des genres à l’âge de pierre

squelette
— Masarik / Shutterstock.com

En Hongrie, l’examen d’une importante quantité de restes humains provenant de sites funéraires néolithiques a révélé une frontière entre les genres bien moins nette qu’on ne l’estimait initialement.

Des altérations squelettiques révélatrices et des inhumations inattendues

Au total, les chercheurs ont analysé 125 squelettes, inhumés dans deux cimetières de l’est de la Hongrie entre 5300 et 4650 avant notre ère. L’objectif principal de ces travaux, publiés dans l’American Journal of Biological Anthropology, était de préciser les rôles attribués aux hommes et aux femmes au sein des communautés néolithiques de la région.

L’équipe s’est essentiellement concentrée sur les altérations squelettiques révélatrices de l’activité des individus. S’il s’est avéré qu’hommes et femmes présentaient les signes d’une charge de travail élevée, avec une sollicitation marquée des bras et une hyperextension des orteils, associée à des agenouillements répétés, une sur-utilisation du membre supérieur droit a été mise en évidence chez les spécimens masculins, potentiellement liée au maniement répété d’outils.

Des différences notables en matière d’enterrement ont également été mises en évidence. Dans l’un des deux cimetières, la plupart des squelettes féminins étaient placés sur le flanc gauche et inhumés avec des ceintures de perles en coquillage, et leurs équivalents masculins tournés sur le flanc droit et enterrés avec des outils en pierre polie.

Selon les chercheurs, les sépultures d’au moins deux individus masculins et cinq individus féminins avaient été inhumés d’une manière « ne correspondant pas aux attentes », révélant une association entre le sexe biologique et les coutumes funéraires n’étant pas immuable.

Une notion de genre complexe

L’étude décrit notamment l’inhumation très inhabituelle d’une femme âgée, présentant des altérations squelettiques typiques des hommes de la région et enterrée avec des outils en pierre polie, suggérant que celles-ci pouvaient assumer des rôles traditionnellement associés aux premiers.

Comme l’expliquent ses auteurs, la notion de genre était à cette époque façonnée par un ensemble complexe de facteurs interconnectés.

D’après Sébastien Villotte, du CNRS, il n’existe aucune preuve claire indiquant que la défunte ait pu occuper une fonction éminente au sein de sa communauté, telle que celle de chamane. « Les personnes inhumées d’une façon différente de celle habituellement associée à leur sexe biologique auraient simplement pu avoir des trajectoires de vie ne correspondant pas aux modèles dominants », conclut-il.

L’an passé, la découverte d’une sépulture médiévale unique en son genre en Hongrie avait soulevé des questions fondamentales sur les rôles sociaux des femmes et leur implication possible dans des activités guerrières.

Par Yann Contegat, le

Source: Live Science

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *