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Il y a 275 millions d’années, cette créature étrange était déjà un « fossile vivant »

Les scientifiques la rapprochent de l’ornithorynque pour illustrer la persistance de traits archaïques

Vue d’artiste de Tanyka amnicola — © Vitor Silva

Au fil des décennies, les paléontologues ont décrit un certain nombre de « bizarreries », illustrant la trajectoire non linéaire et en partie aléatoire de l’Évolution. De récents travaux ont permis de confirmer des structures anatomiques singulières chez un tétrapode précoce.

Tanyka amnicola

L’une des plus grandes transitions dans l’histoire de l’Évolution a été l’émergence des vertébrés quadrupèdes (ou tétrapodes) terrestres. Il y a environ 340 millions d’années, les nageoires sont devenues des doigts et des membres, tandis que les articulations des épaules et des hanches se sont transformées pour supporter le poids de toute une série de créatures amphibiennes ayant commencé à vivre au bord de l’eau.

Baptisée Tanyka amnicola, signifiant « mâchoire » et « vivant près de l’eau » en langue guarani, la créature au coeur de la nouvelle étude vivait au début du Permien, il y a environ 275 millions d’années. Connue à travers un ensemble de fossiles exhumés du lit asséché d’une rivière du nord-est du Brésil, elle ressemblait à une salamandre dotée d’un museau allongé, et aurait mesuré jusqu’à un mètre de long.

Lorsqu’il avait analysé l’un des premiers spécimens, Jörg Fröbisch, du Museum für Naturkunde de Berlin, avait été particulièrement intrigué par la structure particulière de la mâchoire, incurvée et aux dents à la disposition étrange, suggérant une potentielle malformation. L’examen de huit autres spécimens au profil étroitement similaire a toutefois permis aux chercheurs d’écarter cette hypothèse et d’appuyer la piste d’un régime alimentaire « hybride ».

Alors que la plupart des cousins de T. amnicola étaient carnivores ou piscivores, sa dentition étrange se révélait également adaptée à la consommation de plantes ligneuses. Selon les chercheurs, lorsqu’il refermait ses mâchoires, les dents s’imbriquaient, créant une surface rugueuse permettant de broyer les matières végétales dures.

Mâchoire de T. amnicola — © Ken Angielczyk, Field Museum

Fossile vivant

Plus étrange, des analyses phylogénétiques ont permis d’établir que T. amnicola appartenait à une lignée précoce de tétrapodes ayant majoritairement disparu des dizaines de millions d’années plus tôt. Les chercheurs l’ont ainsi qualifié de « fossile vivant », comparé à l’ornithorynque, mammifère issu d’une branche ancienne et aux traits archaïques, ayant perduré parallèlement à des groupes anatomiquement plus modernes.

Globalement, ces nouvelles découvertes détaillées dans la revue Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, offrent un nouvel aperçu de la faune du super-continent Gondwana, de l’évolution des tétrapodes et de la diversité des formes et modes de vie bien avant l’époque des dinosaures.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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