
Sous l’effet du changement climatique, les forêts boréales migrent vers des latitudes plus élevées. En seulement 35 ans, cette vaste « ceinture verte » qui entoure l’hémisphère nord s’est significativement décalée vers le pôle.
Cap au nord
Les forêts boréales, ou taïgas, se composent principalement de conifères à feuilles persistantes tels que les pins, les épicéas et les mélèzes. Elles abritent une riche faune sauvage, comprenant notamment ours bruns, élans, bisons, castors, hiboux et aigles. Ce biome dense couvre une grande partie du nord de l’Amérique du Nord (Alaska, Canada) et de l’Eurasie (Scandinavie, Russie).
Avec l’intensification du réchauffement climatique, ces régions se réchauffent jusqu’à quatre fois plus rapidement que la moyenne mondiale, entraînant des bouleversements écologiques majeurs.
Dans des travaux publiés dans la revue Biogeosciences, des chercheurs de terraPulse et du Goddard Space Flight Center de la NASA se sont appuyés sur un ensemble inédit de données satellitaires afin de documenter l’évolution du couvert forestier.
Au total, 224 026 images, prises entre 1985 et 2020 par les satellites Landsat, ont été analysées à l’aide d’algorithmes avancés, produisant la cartographie la plus détaillée du biome boréal à ce jour, avec une résolution de 30 mètres. Sur quatre décennies, celui-ci s’est étendu de 844 000 kilomètres carrés vers le nord, soit un déplacement moyen de 0,29° de latitude.

De probables implications pour le cycle mondial du carbone
Si cette expansion peut sembler positive à première vue, les chercheurs soulignent que d’importantes portions des marges sud ont simultanément reculé, avec des conséquences potentielles pour le cycle mondial du carbone.
Cette dynamique traduit notamment la disparition d’arbres âgés au profit de forêts plus jeunes, qui stockent généralement moins de carbone. « Il est essentiel de préciser la contribution de ces nouvelles populations aux stocks de carbone actuels et futurs afin d’anticiper les rétroactions climatiques nettes émergeant des écosystèmes boréaux », concluent-ils.
Autres conséquences du changement climatique : le dégel accéléré du pergélisol (susceptible de libérer d’importantes quantités de carbone et de méthane) ainsi que l’intensification des incendies de forêt, favorisée par des étés plus chauds et plus secs.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: forêt, réchauffement climatique, changement climatique
Catégories: Écologie, Actualités