Apparues il y a des centaines de millions d’années, les graines ont transformé durablement la vie sur Terre. Leur invention biologique a permis aux plantes de conquérir les continents, de résister aux crises climatiques et de diversifier les paysages que vous connaissez aujourd’hui.

Il y a 450 millions d’années, les premières plantes terrestres quittent l’eau et misent tout sur les spores
Il y a environ 450 millions d’années, les premières plantes colonisent les terres émergées. Elles ressemblent aux mousses et aux fougères actuelles. Pour se reproduire, elles utilisent des cellules unicellulaires, appelées spores, qui transportent simplement l’ADN de la plante mère.
Ces spores fonctionnent, mais elles restent fragiles. Leur petite taille les expose à la sécheresse et aux variations climatiques. Sans protection solide, elles dépendent d’un environnement humide. Cette contrainte limite fortement leur expansion sur des terres encore instables.
Vers la fin du Dévonien, une innovation décisive apparaît : la graine protège et nourrit l’embryon
À la fin du Dévonien, entre 419 et 359 millions d’années, une rupture évolutive survient. Certaines plantes développent une structure nouvelle. Cette innovation entoure et protège l’embryon. Elle marque la naissance des premières plantes à graines.
Cette structure fonctionne comme une capsule protectrice. Elle abrite un embryon et intègre des réserves nutritives. Grâce à cette organisation multicellulaire, la jeune plante démarre avec un avantage décisif. La protection de l’embryon change radicalement les règles du jeu évolutif.
Les premières espèces concernées appartiennent aux gymnospermes. Elles ne produisent ni fleurs ni fruits. Leurs graines restent exposées. Des fossiles comme Elkinsia polymorpha attestent leur présence dès le Famennien, confirmant l’ancienneté de cette révolution biologique.
Plus complexes que les spores, les graines stockent des réserves et résistent aux conditions extrêmes
Contrairement aux spores, les graines sont des structures élaborées. Elles contiennent un embryon, un tissu nutritif et une enveloppe solide. Cette organisation permet un stockage de nutriments efficace. La jeune pousse peut ainsi croître rapidement après germination.
De plus, leur coque protège contre le froid, la sécheresse et les chocs. Cette résistance offre une meilleure survie en milieu hostile. Grâce à leur coque protectrice, les plantes s’installent dans des régions auparavant inaccessibles.
La capacité de dormance permet aux graines de survivre des siècles et d’accompagner la diversification végétale
Un autre atout renforce leur succès : la capacité de dormance. Certaines graines ralentissent leur métabolisme pendant des années. Elles attendent des conditions favorables avant de germer. Ce mécanisme assure une continuité malgré les crises climatiques.
Des observations montrent que certaines restent viables pendant des décennies, voire davantage. Cette longévité favorise la dispersion sur de longues distances. Les graines voyagent par le vent, l’eau ou les animaux, étendant progressivement les territoires colonisés.
Enfin, cette stratégie soutient une diversification spectaculaire. Les plantes investissent des milieux tropicaux humides comme des déserts arides. En protégeant l’embryon et en temporisant la germination, elles stimulent l’adaptation aux environnements variés et multiplient les nouvelles espèces.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Source: sciencepost.fr
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