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La course à pied détrônée ? Des souris montrent que la musculation pourrait mieux contrôler la glycémie

Une étude américaine menée sur des souris relance le débat : et si la musculation faisait mieux que la course à pied pour stabiliser la glycémie ? À première vue, la question surprend. Pourtant, derrière cette comparaison se cache un mécanisme biologique fascinant, aux implications majeures pour la prévention du diabète de type 2.

Homme pratiquant un squat avec barre en musculation, exercice de renforcement musculaire pouvant améliorer la régulation de la glycémie
La musculation, en mobilisant intensément les muscles, pourrait jouer un rôle clé dans le contrôle de la glycémie – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi la régulation de la glycémie est un enjeu majeur de santé publique aujourd’hui

D’abord, il faut comprendre ce qu’est réellement la glycémie. Il s’agit du taux de glucose dans le sang, ce carburant indispensable qui alimente chaque cellule. Or, lorsque ce glucose circule en excès, l’équilibre se fragilise. À jeun, les valeurs normales oscillent entre 0,70 et 1,10 g/L ; au-delà, le risque d’hyperglycémie apparaît.

Ensuite, cette dérive s’explique souvent par une mauvaise utilisation de l’insuline. En effet, cette hormone permet au glucose d’entrer dans les cellules. Lorsque les tissus deviennent moins sensibles, on parle de résistance à l’insuline. Progressivement, ce déséquilibre peut conduire au diabète de type 2, une pathologie désormais massive.

Ainsi, face à cette menace silencieuse, l’activité physique agit comme un régulateur naturel. Concrètement, la contraction musculaire augmente la capacité des cellules à capter le glucose. Toutefois, tous les exercices ne produisent pas les mêmes effets. C’est précisément ce que des chercheurs ont voulu vérifier en comparant endurance et entraînement de résistance.

Comment des chercheurs ont simulé la musculation et l’endurance chez la souris pour comparer leurs effets métaboliques

Pour commencer, les scientifiques ont imaginé un protocole original. Des souris devaient soulever un couvercle lesté afin d’accéder à leur nourriture. Autrement dit, un véritable modèle d’haltérophilie murine. De plus, la charge augmentait progressivement, reproduisant fidèlement un entraînement en force structuré.

Parallèlement, un second groupe disposait d’une roue d’exercice, symbole classique de l’entraînement d’endurance. En complément, deux groupes témoins, soumis à des régimes distincts, permettaient d’évaluer l’impact d’une alimentation normale ou riche en graisses. L’objectif était donc clair : mesurer l’effet de chaque activité sur l’obésité et le métabolisme.

Pendant huit semaines, les chercheurs ont suivi de nombreux paramètres. Notamment, le poids, la masse grasse, la performance musculaire et la sensibilité à l’insuline ont été analysés. En outre, les muscles ont été étudiés au niveau moléculaire afin d’observer les voies de signalisation insulinique, véritable centre de commande métabolique.

Des résultats qui suggèrent que la musculation améliore davantage la sensibilité à l’insuline que la course à pied

À l’arrivée, les résultats se révèlent particulièrement intéressants. Certes, les deux formes d’exercice réduisent la graisse abdominale et améliorent la régulation du glucose. Néanmoins, l’entraînement de résistance semble produire un effet plus marqué sur la signalisation de l’insuline dans les muscles squelettiques.

Plus précisément, les muscles sollicités par la force deviennent particulièrement efficaces pour absorber le glucose. De ce fait, l’amélioration métabolique observée dépasse parfois celle associée à la course. Ainsi, la musculation offrirait des bénéfices antidiabétiques au moins équivalents, voire supérieurs.

Par conséquent, ces observations ouvrent de nouvelles perspectives scientifiques. En comprenant mieux comment l’effort de résistance modifie les voies cellulaires, les chercheurs espèrent identifier des cibles thérapeutiques inédites. À terme, l’exercice pourrait inspirer des stratégies innovantes contre le diabète, bien au-delà des recommandations classiques.

Faut-il pour autant abandonner la course à pied au profit des haltères ?

Pour autant, la tentation serait grande de proclamer la victoire définitive de la musculation. Cependant, la prudence reste indispensable. Les données proviennent d’un modèle animal rigoureux mais encore éloigné de la complexité humaine. Dès lors, des essais cliniques devront confirmer l’ampleur réelle des bénéfices observés chez différentes populations.

En réalité, opposer cardio et musculation relève souvent d’un faux dilemme. D’une part, l’endurance renforce la santé cardiovasculaire ; d’autre part, la résistance stimule la masse musculaire et la sensibilité à l’insuline. Finalement, une stratégie combinée pourrait optimiser durablement la santé métabolique et la maîtrise de la glycémie.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Science & Vie

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