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Le “démon des mers” du Maroc, sept mètres de puissance qui réécrivent l’histoire du Crétacé

Visualisez un prédateur marin de sept mètres, au museau court et aux dents aiguisées comme des lames. Des chercheurs viennent d’identifier cet animal au sommet de la chaîne alimentaire dans des mines marocaines. Une découverte qui rebat les cartes sur le fonctionnement des écosystèmes marins du Crétacé supérieur.

Reconstitution réaliste d’un mosasaure de sept mètres au museau court et aux dents acérées nageant dans un océan du Crétacé supérieur.
Long de près de huit mètres, Khinjaria acutus dominait les mers du Maroc il y a 70 millions d’années, armé d’un museau court et de dents tranchantes comme des lames. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Une anatomie inédite au museau court et aux crocs tranchants qui intrigue les paléontologues

Ce reptile marin présente une configuration faciale inédite pour les mosasaures. Son museau, étonnamment court, contraste avec l’arrière de son crâne, étiré de façon disproportionnée. Cette silhouette singulière donne à ce prédateur disparu une allure que les scientifiques eux-mêmes décrivent comme démoniaque.

Son nom scientifique, Khinjaria acutus, reflète cette agressivité anatomique. Les paléontologues ont retenu ce terme en associant le mot arabe désignant un poignard au latin signifiant acéré. Ses dents antérieures massives servaient probablement à agripper des proies de grande taille avec efficacité.

À Sidi Chennane, des mines de phosphate qui dévoilent un écosystème marin foisonnant du Maastrichtien

Les fouilles menées dans les mines de Sidi Chennane livrent un témoignage précieux du passé. Ce site géologique majeur concentre des fossiles datant du Maastrichtien, dernière étape du Crétacé. On y observe une faune marine diversifiée qui prospérait juste avant l’extinction des dinosaures.

Le Maroc s’affirme comme un territoire clé pour comprendre les mosasaures. La région rassemblait la plus forte diversité de ces reptiles marins jamais documentée. Ces découvertes attestent l’existence d’un environnement océanique riche et structuré il y a environ soixante-dix millions d’années.

Un prédateur de sept à huit mètres qui occupait le sommet de la chaîne alimentaire marine

Les dimensions de l’animal frappent par leur ampleur. Les os mis au jour indiquent une longueur totale comprise entre sept et presque huit mètres. Imaginez un corps aussi long qu’un bus scolaire, évoluant avec agilité pour traquer ses proies dans les mers chaudes de l’époque.

Nick Longrich, de l’Université de Bath, situe clairement l’espèce au sommet de son écosystème. Elle partageait les mêmes eaux qu’une grande variété de poissons et d’autres carnivores marins. Cette coexistence montre que des ressources alimentaires abondantes soutenaient plusieurs grands prédateurs en même temps.

Son corps fuselé et ses membres transformés en palettes natatoires traduisent une adaptation aboutie à la nage rapide. Cette spécialisation lui permettait de fondre sur ses proies avec une grande vélocité. On comprend mieux comment ces chasseurs aquatiques spécialisés dominaient les océans de la fin du Mésozoïque.

Des océans dynamiques et prospères jusqu’à l’extinction massive de la fin du Crétacé

Cette découverte bouscule l’idée d’océans en déclin avant l’impact final. Les milieux marins ne semblaient pas s’effondrer, mais apparaissaient au contraire dynamiques et productifs. Cette vitalité biologique inattendue évoque une période de prospérité juste avant le bouleversement climatique majeur.

L’analyse de Khinjaria acutus éclaire l’évolution des reptiles marins sous un angle nouveau. Elle montre que des formes anatomiques originales émergeaient encore peu avant l’extinction globale. Cette capacité d’adaptation illustre la résilience du vivant face aux pressions environnementales.

Les travaux publiés dans Cretaceous Research ouvrent des perspectives supplémentaires pour la recherche. Chaque fossile extrait des sols marocains contribue à affiner la reconstitution de cet écosystème ancien. Explorer ces archives géologiques reste essentiel pour mieux comprendre l’histoire profonde des océans.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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