Des mégaprojets futuristes aux tensions sociales croissantes, l’Arabie saoudite découvre une réalité plus complexe. En effet, transformer une économie dépendante du pétrole exige plus que des grues et des maquettes spectaculaires. Désormais, il faut soutenir le pouvoir d’achat, stabiliser l’emploi et préserver la cohésion sociale pour les générations futures.

Des mégaprojets futuristes pensés pour transformer le royaume en vitrine mondiale de la modernité
Depuis 2016, le royaume déploie un vaste programme de transformation économique. Ainsi, l’objectif est clair : réduire la dépendance au pétrole. Parallèlement, il s’agit de bâtir une économie tournée vers la technologie, le tourisme et la finance. De prime abord, l’ambition impressionne.
À l’entrée de la capitale, des panneaux géants promettent des quartiers vertigineux. De plus, les maquettes montrent des architectures monumentales. Pourtant, plusieurs chantiers avancent au ralenti. En effet, certains projets ont été redimensionnés, tandis que d’autres ont été suspendus. Progressivement, l’écart se creuse entre l’imaginaire futuriste et la réalité budgétaire.
Par ailleurs, la baisse des recettes pétrolières pèse lourdement. Lorsque la principale source de richesse ralentit, chaque investissement doit être priorisé. Dès lors, les autorités réorientent leurs efforts. Elles privilégient ainsi la logistique et l’industrie. Par conséquent, les icônes architecturales passent au second plan.
Un marché du travail en mutation qui met les citoyens en concurrence directe avec les expatriés qualifiés
Cependant, la mutation ne concerne pas seulement les bâtiments. Elle touche aussi le marché de l’emploi. Désormais, l’État veut réduire la dépendance aux postes publics. En parallèle, il pousse les citoyens vers le secteur privé. Or, dans les faits, celui-ci reste dominé par une main-d’œuvre étrangère.
Dans le même temps, le pays attire des profils internationaux qualifiés. Notamment, ils viennent pour la finance, le numérique ou l’ingénierie. Ainsi, cette stratégie crée une tension structurelle. Concrètement, les jeunes diplômés locaux affrontent des expatriés mieux rémunérés. De surcroît, beaucoup bénéficient de salaires plus élevés et d’avantages attractifs.
De ce fait, le sentiment de fragilisation du contrat social progresse. Autrefois, l’ascenseur social reposait sur l’emploi public. Aujourd’hui, en revanche, il paraît plus incertain. Par conséquent, les trajectoires professionnelles se compliquent. Dans certains cas, l’accès aux postes clés semble réservé aux compétences importées.
Des revenus qui progressent moins vite que l’inflation et un coût de la vie qui pèse sur les ménages
Sur le plan économique, les chiffres sont parlants. En effet, les salaires moyens ont progressé modestement ces dernières années. Dans le même temps, toutefois, l’inflation cumulée a été plus forte. Ainsi, le pouvoir d’achat recule. Logiquement, les marges financières des ménages se réduisent.
En outre, la hausse de la TVA a marqué les esprits. Parallèlement, les subventions sur l’énergie et l’eau ont diminué. De plus, l’âge de la retraite a été repoussé. Dès lors, cette accumulation renforce la pression financière. À Riyad, notamment, les loyers ont fortement augmenté. Par conséquent, une part croissante des revenus part dans le logement.
Face à cela, davantage de femmes rejoignent le marché du travail. Ainsi, leur activité soutient le revenu des ménages. Toutefois, ces gains ne compensent pas toujours la hausse des coûts. Dès lors, le dynamisme économique crée un paradoxe. L’activité progresse, mais, en parallèle, les contraintes budgétaires persistent.
Une modernisation rapide qui suscite espoirs, frustrations et interrogations sur l’équilibre social
Dans ce contexte, le malaise touche surtout les jeunes générations. En effet, les emplois précaires se multiplient. Par ailleurs, les salaires sont jugés insuffisants. De plus, l’accès au logement reste difficile. Ainsi, les projets de mariage ou d’installation sont retardés. Dès lors, la prospérité partagée paraît encore lointaine.
Parallèlement, l’ouverture culturelle transforme le paysage urbain. De surcroît, l’arrivée d’expatriés aisés accentue ce contraste. Dès lors, certains y voient une chance d’ouverture. À l’inverse, d’autres dénoncent des inégalités croissantes. En définitive, la modernisation accélérée agit comme un révélateur des écarts sociaux.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: GEO
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