
En examinant des tessons de poterie mésopotamiens vieux d’environ huit millénaires, des chercheurs israéliens ont identifié des signes précoces de pensée géométrique et arithmétique.
Arithmétique préhistorique
Les premières preuves d’expression artistique connues remontent à 40 000 ans avant notre ère. Bien que les végétaux aient constitué une importante source de subsistance pour les communautés néolithiques, ils étaient largement absents de leurs œuvres, représentant essentiellement des figures humaines et animales.
Récemment, Yosef Garfinkel et Sarah Krulwich , de l’université hébraïque de Jérusalem, se sont penchés sur des milliers de fragments de poteries peintes, provenant de 29 sites halafiens, civilisation agricole qui prospérait dans ce qui est aujourd’hui le Proche-Orient entre 6100 et 5100 avant notre ère.
Au total, le duo a identifié des motifs floraux sur 375 tessons, dont les pétales se sont avérés suivre une progression arithmétique spécifique (4, 8, 16, 32 et 64), suggérant une compréhension des séquences géométriques, de la symétrie et de la subdivision spatiale.
Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of World Prehistory, cette découverte renforce également l’idée que la pensée mathématique structurée se soit développée des millénaires avant l’écriture.

Virage cognitif
Comme l’explique Garfinkel, les végétaux identifiés (fleurs, branches, arbustes…) constituent l’une des plus anciennes utilisations systématiques de tels motifs dans l’art préhistorique, tandis que les pétales témoignent d’une structuration mathématique implicite.
Il est possible que cette dernière soit liée au fonctionnement de ces communautés agraires précoces du nord de la Mésopotamie, au sein desquelles récoltes et autres ressources devaient être précisément réparties.
Ainsi, l’art halafien pourrait refléter un important « virage cognitif », combinant sens esthétique, représentations botaniques et structuration mathématique de la pensée.
L’an dernier, un chercheur australien avait résolu une équation d’algèbre vieille de 3 700 ans.
Par Yann Contegat, le
Source: New Atlas
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