
Originaires d’Afrique australe, les San comptent parmi les artistes rupestres les plus prolifiques au monde. Récemment, des chercheurs se sont penchés sur des œuvres millénaires afin de lever le voile sur leurs pratiques rituelles ancestrales.
La place centrale de la danse
Peuple de chasseurs-cueilleurs, les San se sont largement sédentarisés à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Bien que leurs origines remontent à plusieurs dizaines de milliers d’années, ils ont réalisé leurs œuvres rupestres les plus élaborées au cours des cinq derniers millénaires.
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Telestes, Margarita Díaz-Andreu et ses collègues ont procédé à un examen approfondi des peintures de différents sites majeurs, qui leur a offert un aperçu unique de leurs coutumes anciennes.
Il s’avère que les danses de transe étaient les plus fréquemment représentées. Selon les chercheurs, celles-ci pouvaient durer plusieurs heures. Plusieurs exemples montraient des individus dotés de têtes ou de queues animales, suggérant une transformation chamanique, tandis que d’autres semblaient représenter des danseurs s’effondrant et saignant du nez, indiquant des états de conscience modifiés.
The Art Of Dance: Healing, Initiation, and Joy in Ancient San Rock Arthttps://t.co/bOtfdlWmmm
— Richard S (@Richard01173388) January 22, 2026
Recent Study Identifies Trance, Female and Male Initiation, and Entertainment Dances in South African Rock Art @OsterSande16178 pic.twitter.com/HF1fnOpVVJ
Les peintures indiquent que les San utilisaient des hochets à pied et des archets pour rythmer ces « danses extatiques ». Plusieurs panneaux révèlent également des chorégraphies inspirées des mouvements et du comportement de l’éland, la plus grande antilope d’Afrique, que les San considéraient comme sacrée. Selon les chercheurs, ces danses accompagnaient des rites initiatiques réservés aux jeunes femmes.
« Ces scènes nous en apprennent beaucoup sur les ancêtres des San »
Comme l’explique Díaz-Andreu, bon nombre de ces danses ont continué à être exécutées par les San jusqu’aux années 1970, mais, en raison des profonds bouleversements sociaux liés à la colonisation, leurs contextes et significations rituelles ont été perdus ou se sont transformés.
« Ces scènes nous en apprennent beaucoup sur les ancêtres des San, et la façon dont ils concevaient le corps, la spiritualité et l’identité collective », souligne la chercheuse. « Elles indiquent clairement que la danse occupait une place centrale dans la vie collective, qu’il s’agisse de guérison, d’initiation ou de rassemblements communautaires. »
Précédemment, une étude avait révélé que les populations de chasseurs-cueilleurs autochtones d’Afrique du Sud étaient toujours directement liés à leurs ancêtres vieux de 10 000 ans.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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Catégories: Actualités, Histoire