Le télescope James Webb signe une prouesse technique majeure. En observant l’exoplanète WASP-121b sans interruption, les astronomes ont identifié deux vastes traînées de gaz. Cette observation inédite bouleverse notre compréhension des géantes gazeuses et de leur évolution atmosphérique.

Une observation continue depuis l’espace qui permet, pour la première fois, de suivre l’atmosphère d’une exoplanète sur une orbite entière
Le télescope spatial James Webb apporte désormais une précision inédite aux chercheurs. Pour la première fois, une équipe scientifique a observé l’atmosphère d’une exoplanète sur l’ensemble d’une orbite complète. Ce suivi continu éclaire la manière dont ces mondes lointains évoluent réellement dans l’espace.
Les résultats vont bien au-delà des attentes des astronomes de l’Université de Genève. La géante WASP-121b ne présente pas une seule traînée, mais deux queues d’hélium distinctes. Ces flux gazeux s’étirent sur plus de la moitié de son orbite autour de son étoile.
WASP-121b, une géante gazeuse exposée à des conditions extrêmes qui malmènent son atmosphère et accélèrent sa transformation
Cette exoplanète appartient à la catégorie spectaculaire des Jupiters ultra-chauds. Elle gravite extrêmement près de son étoile et boucle une révolution complète en seulement trente heures. Cette proximité provoque des températures extrêmes qui chauffent brutalement son atmosphère supérieure.
Sous l’effet de cette chaleur, les gaz les plus légers s’échappent dans l’espace. L’hydrogène et l’hélium quittent progressivement la planète, poussés par un rayonnement stellaire constant. Ce mécanisme d’échappement atmosphérique transforme profondément la composition chimique de l’astre sur la durée.
Jusqu’ici, les scientifiques n’observaient ces fuites qu’au moment de brefs transits. Ces fenêtres limitées empêchaient d’en mesurer l’ampleur réelle du phénomène d’évaporation planétaire. Comme observer une fuite d’eau en n’apercevant que quelques gouttes fugitives.
Deux queues d’hélium observées en détail, révélant un ballet cosmique complexe façonné par la gravité et le vent stellaire
L’instrument NIRISS du télescope a suivi l’hélium durant trente-sept heures sans interruption. Les données révèlent une structure complexe et inattendue autour de la planète. L’une des queues suit l’astre, tandis que l’autre le précède dans son mouvement orbital.
Ces écoulements gazeux colossaux parcourent des distances spectaculaires dans le système stellaire. Ils s’étendent sur plus de cent fois le diamètre de la planète elle-même. La gravité de l’étoile et le vent stellaire façonnent cette configuration rare en double panache.
Une découverte qui oblige les chercheurs à revoir leurs modèles pour mieux comprendre l’évolution atmosphérique des exoplanètes
Cette avancée majeure met en lumière la complexité des interactions entre les planètes et leur étoile. L’hélium s’impose comme un traceur clé pour analyser l’atmosphère des exoplanètes lointaines. Les équipes doivent désormais ajuster leurs modèles numériques à ces données physiques inédites.
Le télescope James Webb poursuivra l’exploration de ces phénomènes atmosphériques remarquables. De futures observations diront si cette double queue constitue une exception ou un mécanisme répandu. Chaque nouvelle donnée étend un peu plus notre compréhension de l’univers.
Les astronomes cherchent désormais à percer les mécanismes qui sculptent ces mondes gazeux. Comprendre l’échappement atmosphérique permet de mieux anticiper le destin de ces planètes brûlantes. L’exploration spatiale promet encore de nombreuses avancées scientifiques à décrypter.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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