Dans l’espace, un simple boulon de 3 mm peut devenir mortel. Propulsé à plus de 7 km/s, il transperce tout. Pour y faire face, Atomic-6 a conçu Space Armor, un bouclier léger et robuste. Un premier test grandeur nature arrive avec le satellite Starburst-1.

Un bouclier composite conçu pour encaisser les pires chocs sans générer de nouveaux débris
Le premier défi relevé par Atomic-6 ? Remplacer les blindages métalliques classiques par un matériau composite plus léger, plus résistant et surtout sans effet rebond. En effet, l’objectif est clair : absorber les impacts sans créer de nouveaux débris. Une innovation majeure pour un espace saturé de fragments dangereux.
Concrètement, le secret réside dans le tissage de fibres et de résine, conçu pour limiter au maximum la porosité. Ce procédé unique permet aux tuiles Space Armor de résister à des vitesses d’impact supérieures à 7,5 km/s. Ainsi, elles forment une véritable armure invisible, capable de contenir l’énergie sans se fragmenter, même face aux pires projectiles.
Par ailleurs, autre prouesse technique : certaines versions laissent passer les ondes radio. Grâce à leur perméabilité contrôlée, ces tuiles permettent de maintenir les communications essentielles, tout en filtrant certaines fréquences. Une fonctionnalité cruciale pour les satellites militaires, qui doivent communiquer ou rester silencieux selon la situation.
Starburst-1 : un satellite testé dans les pires conditions pour valider cette nouvelle armure spatiale
Starburst-1, c’est le nom du satellite qui embarquera en 2026 ces fameuses tuiles. Imaginé par Portal Space Systems, il sera lancé à bord d’une Falcon 9 et testera des manœuvres de proximité audacieuses. En d’autres termes, tout est prévu pour le confronter aux zones les plus risquées en orbite basse.
De ce fait, même si Atomic-6 ne pourra pas récupérer physiquement ses tuiles, elle mise sur une double stratégie de surveillance : caméras embarquées pour voir les chocs, et télémétrie systématique pour détecter le moindre dommage. Le résultat attendu ? Que le satellite survive sans une égratignure, là où d’autres auraient perdu un panneau solaire ou pire.
Un matériau stratégique déjà dans le viseur de la défense et des infrastructures critiques
Les applications de cette technologie ne s’arrêtent pas aux satellites. L’armée américaine s’intéresse de près au potentiel de Space Armor. Plus précisément, elle envisage de remplacer les anciens boucliers Whipple, jugés trop lourds et inadaptés aux opérations modernes dans l’espace.
En outre, la protection individuelle des astronautes, les réseaux de communication stratégiques, les sites terrestres sensibles ou encore les infrastructures exposées à des armes à énergie dirigée pourraient aussi bénéficier de cette avancée. D’ailleurs, des tests sont en cours pour vérifier si Space Armor peut absorber l’impact d’explosifs cinétiques à plus de 8 km/s. Rappelons que le C4 se déplace dans ces eaux-là.
Un enjeu vital pour prévenir le syndrome de Kessler et protéger l’avenir de l’orbite basse
Si tout cela peut sembler futuriste, le fondateur Trévor Smith est convaincu qu’on est déjà en pré-Kessler. Ce scénario catastrophe, où une collision en entraîne une autre, puis une autre encore, pourrait rendre l’orbite basse inutilisable pendant des décennies. Par conséquent, la protection passive ne suffit plus.
Dès lors, il devient crucial d’intégrer le blindage dès la conception des vaisseaux. Et il faut s’assurer que ce blindage ne devienne pas lui-même une menace secondaire en cas d’impact. Bref, Space Armor pourrait devenir la norme des prochaines décennies, un peu comme les airbags le sont devenus pour les voitures. Un petit changement de matériau, une grande révolution pour la sécurité spatiale.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: Futura
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