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Crasse, urine et sueur : les bains publics de Pompéi étaient vraiment dégoûtants

Vous auriez probablement hésité à y tremper un orteil

— © Miguel Hermoso Cuesta / Wikimedia Commons

Des analyses géochimiques ont permis de retracer l’évolution de la qualité de l’eau des célèbres bains publics de Pompéi. Il s’avère que celle-ci était (très) loin d’être satisfaisante à l’époque pré-romaine.

Une eau à la qualité bien éloignée des standards romains

Occupée par le peuple samnite à partir du Ve siècle avant notre ère, Pompéi est passée sous contrôle romain en 80 avant notre ère. Si ce « changement de pavillon » a eu de profondes répercussions sur de nombreuses facettes de la cité antique, l’étude isotopique de dépôts minéraux trouvés dans les canalisations et les bassins de ses termes les plus anciens montre que ces infrastructures ont largement bénéficié de l’ingénierie romaine.

Autour de 130 avant notre ère, de profonds puits, contaminés par des métaux lourds (plomb, zinc, cuivre) alimentaient les bains. Comparable à une roue à aubes, une machine actionnée par des esclaves permettait d’extraire jusqu’à 3 200 litres d’eau par heure.

Selon Gül Sürmelihindi, de l’Institut des sciences de la Terre de l’université Johannes Gutenberg, cette technologie et des concentrations élevées d’urée (urine et transpiration) indique que l’on ne renouvelait alors l’eau des bassins qu’une fois par jour. « Sa qualité était ainsi bien éloignée des standards romains », précise le chercheur.

Pompei / © Pixabay

Des thermes alimentés par un aqueduc à partir du Ier siècle de notre ère

Comme l’explique l’étude publiée dans la revue PNAS, la situation a évolué au premier siècle de notre ère, avec la construction d’un aqueduc transportant quotidiennement un volume d’eau cinquante fois plus important. Provenant de plusieurs sources, elle permettait également d’alimenter d’autres infrastructures majeures de Pompéi.

Si un renouvellement plus fréquent et une eau nettement moins polluée ont contribué à rendre ses bains plus « sains », la fréquentation de ces lieux aurait constitué une expérience bruyante, odorante, et définitivement écœurante pour la grande majorité d’entre nous.

« Il faut imaginer leurs utilisateurs souillant les bassins avec leur sueur, leur urine, leurs peaux mortes [dont ils se débarrassaient à l’aide de racloirs connus sous le nom de strigiles] et leurs plaies purulentes, », illustre l’historien Alexander Meddings. « Par conséquent, une couche de crasse flottait probablement régulièrement à la surface. »

Déjà à l’époque, plusieurs auteurs romains soulignaient l’absurdité de chercher à purifier son corps en se baignant dans les sécrétions d’autrui, ou en les appliquant littéralement sur son corps.

Par Yann Contegat, le

Source: Science Focus

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