
À l’aide d’un modeste radiotélescope néerlandais, des astronomes amateurs ont réussi à capter un signal émis par la sonde spatiale Voyager 1, qui traverse actuellement l’espace interstellaire à près de 60 000 kilomètres par heure.
Épopée cosmique
Lancée en 1977, Voyager 1 a survolé Jupiter en 1979, puis Saturne et sa lune géante Titan en 1980. Au cours des décennies suivantes, elle a continué à renvoyer des données scientifiques précieuses, alors qu’elle poursuivait sa route vers les confins du Système solaire.
Elle se trouve actuellement à 171 unités astronomiques de la Terre (soit autant de fois la distance séparant notre planète du Soleil), impliquant que près d’une journée soit nécessaire pour que ses signaux nous parviennent.
Pas épargné par les pépins techniques ces dernières années, l’engin arrive également à court de carburant, ce qui a obligé ses opérateurs à court-circuiter certains de ses instruments scientifiques pour qu’il puisse continuer à fonctionner et communiquer avec la Terre.
Si la liaison entre le réseau mondial de télescopes Deep Space Network et la sonde est stable depuis octobre 2024, les signaux radio qu’elle émet se révèlent remarquablement faibles. Comme l’explique la NASA, « lorsqu’ils atteignent nos antennes, leur puissance est d’environ un dix-millionième de milliardième de watt ».
Un petit miracle
En 2006, le groupe d’astronomes amateur AMSAT était parvenu à capter des signes de vie de Voyager 1 alors que l’engin se trouvait à 14,7 milliards de kilomètres de la Terre. Deux décennies plus tard, ils ont réédité cet exploit, en utilisant des ressources nettement plus modestes que celles de la NASA.
Inauguré en 1956, le radiotélescope de Dwingeloo (nord-est des Pays-Bas) avait été conçu pour capter des fréquences nettement inférieures à celles émises par Voyager 1 (8,4 GHz). L’ajout d’un récepteur adapté a permis de corriger ce défaut, au prix d’une sensibilité moindre.
Les astronomes amateurs ont dans un premier temps méticuleusement orienté l’antenne du télescope néerlandais en se basant sur les prévisions orbitales de Voyager 1. Pour confirmer que le signal, identifié au milieu d’un véritable « brouhaha » électromagnétique, était bien celui recherché, ils ont ensuite suivi son décalage de fréquence dû à l’effet Doppler. Il s’est avéré que celui-ci lequel correspondait étroitement au mouvement attendu de la sonde, actuellement à environ 25 milliards de kilomètres de la Terre.
Le 13 novembre prochain, la sonde de la NASA deviendra le premier objet fabriqué par l’Homme à franchir le seuil symbolique du jour-lumière.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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