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Inspirée de la lamproie, cette ventouse soulève 850 fois son propre poids

Elle pourrait être intégrée à des plateformes robotiques et faciliter les opérations de sauvetage sous-marines

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— Gena Melendrez / Shutterstock.com

Les lamproies sont connues pour se fixer solidement aux cétacés et aux squales. Récemment, des chercheurs se sont inspirés de ces créatures aquatiques pour mettre au point une ventouse aux performances remarquables.

S’inspirer du vivant

Appartenant à la classe des agnathes, les lamproies sont des poissons primitifs suceurs de sang. Dépourvues de mâchoires, ces créatures mesurant jusqu’à un mètre de long exercent une forte succion grâce à leur « disque buccal » : bordé d’une lèvre souple formant un joint étanche à l’eau, il est garni d’un anneau de dents utilisées pour percer la peau de leurs victimes.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Cyborg and Bionic Systems, Junzhi Yu, de l’université de Pékin, et ses collègues se sont inspirés de cette structure chez la lamproie d’eau douce d’Extrême-Orient, notamment observée en Chine, au Japon et en Russie, afin de créer leur « ventouse biomimétique ».

Leur dispositif intègre une lèvre externe en silicone souple, agissant comme une ventouse classique, au centre de laquelle se trouve une structure ronde composée d’un polymère à mémoire de forme (SMP).

Lorsqu’il est plaqué contre une surface, un élément chauffant fait grimper sa température à 33 °C, rendant le SMP souple et caoutchouteux et lui permettant de se « glisser » dans les minuscules irrégularités du matériau. Une fois le chauffage désactivé, le SMP durcit et se « verrouille », restant solidement en place même en cas de perte d’étanchéité de la lèvre en silicone.

— © Cyborg and Bionic Systems

Des performances impressionnantes

Lors d’essais en laboratoire, un prototype de 70 grammes a été capable de soulever des objets pesant plus de 850 fois son poids, aussi bien à l’air libre que sous l’eau.

Contrairement aux ventouses traditionnelles, il n’a eu aucun mal à adhérer à des objets rugueux, poreux ou de forme irrégulière, comprenant un bureau, une clé à molette, une brique ou encore une conque.

« L’éventail d’applications de cette technologie est vaste », écrit l’équipe. « Elle pourrait être intégrée à différents types de plateformes robotiques, jouer un rôle crucial dans l’exploration et l’extraction des ressources en eaux profondes, la maintenance maritime ainsi que les opérations de sauvetage sous-marines. »

Précédemment, des chercheurs s’étaient inspirés des sangsues afin de rendre les prises de sang moins invasives.

Par Yann Contegat, le

Source: New Atlas

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