Depuis fin mars, Moscou accentue sa pression sur l’est de l’Ukraine pendant que les négociations piétinent. Sur le terrain, la ligne reste disputée. En parallèle, Volodymyr Zelensky multiplie les accords dans le Golfe pour renforcer la défense aérienne et sécuriser l’approvisionnement.

Sur le front, la Russie relance ses assauts de printemps tandis que l’Ukraine conteste encore chaque gain
Depuis plusieurs semaines, le front reste très disputé. Moscou annonce des prises locales. Kiev les conteste souvent. Pourtant, aucune armée n’obtient de rupture décisive. Les combats se concentrent surtout dans l’est, avec une pression russe renforcée à l’entrée du printemps.
Cette phase compte autant la profondeur que la ligne de contact. Chaque camp frappe loin derrière l’autre. L’objectif reste clair : couper les renforts et gêner la logistique. Ensuite, user l’adversaire peut transformer une percée locale en avantage politique.
Sloviansk et Kramatorsk concentrent l’attente car la bataille du Donetsk peut peser sur toute négociation
La poussée Moscou vise surtout le Fortress Belt, ce chapelet de villes fortifiées du Donetsk. Sloviansk et Kramatorsk en sont les verrous. Si Moscou y progresse, le Kremlin renforcerait sa main dans d’éventuels pourparlers et mettrait davantage de civils sous pression.
Mais le scénario d’une avancée rapide reste incertain. L’Ukraine s’appuie sur des défenses denses, des drones, du brouillage et des frappes intermédiaires. Ces outils compliquent les regroupements russes et ralentissent les colonnes avant qu’elles n’atteignent les positions fortifiées.
C’est tout l’enjeu des prochaines semaines. La Russie peut encore gagner du terrain au prix fort. En revanche, percer durablement semble plus difficile. Les défenses anti-drones ukrainiennes ne bloquent pas tout, mais elles réduisent déjà l’effet mécanique des offensives de masse.
La guerre au Moyen-Orient change aussi l’équation, car le pétrole plus cher redonne de l’air à Moscou
L’autre bascule vient des marchés. Avec la guerre autour de l’Iran, les prix du pétrole ont bondi. Pour la Russie, grande exportatrice d’hydrocarbures, cette hausse soutient les recettes publiques. Et plus les revenus montent, plus l’effort militaire devient finançable malgré les sanctions.
Dans le même temps, Kiev surveille les stocks occidentaux. Washington nie, pour l’heure, toute réaffectation d’armes promises à l’Ukraine. Toutefois, la tension régionale alimente les craintes sur les missiles de défense aérienne. La pression logistique grandit donc aussi loin du Donbass.
En réponse, Zelensky verrouille des accords sur dix ans dans le Golfe pour gagner du temps et des capacités
Volodymyr Zelensky a donc cherché un autre levier. Fin mars, il a annoncé des accords de coopération sécuritaire avec plusieurs pays du Golfe. L’Ukraine met en avant son expérience contre les drones. En retour, elle espère des partenariats durables, des investissements et des appuis utiles.
Le président ukrainien a présenté ces textes comme des accords historiques pour son pays. Les documents conclus avec le Qatar et d’autres partenaires portent sur dix ans. Ils couvrent la défense, les technologies, l’entraînement et, selon Kiev, une coopération plus large sur l’énergie.
Un autre point compte beaucoup, même s’il paraît moins spectaculaire. Zelensky a aussi évoqué un accord de fourniture de diesel. Pour un pays en guerre, ce carburant alimente l’armée, les transports et une partie des services essentiels. La bataille énergétique accompagne donc désormais la bataille du front.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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