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Des momies montrent que les premiers chrétiens de Nubie tatouaient le visage des bébés

Cette pratique suggère que les anciens habitants de la région attribuaient une fonction protectrice à des tels encrages

Momie
Image d’illustration — Stefania Valvola / Shutterstock.com

L’examen de dizaines de dépouilles momifiées provenant de la vallée du Nil ont permis d’éclairer l’art corporel chez les anciens Nubiens. Il s’avère que ceux-ci n’hésitaient pas à tatouer de (très) jeunes individus.

Des changements clairs

À ce jour, les plus anciennes preuves de tatouages dans cette région historique, couvrant une partie de l’Égypte et du Soudan actuels, remontent à quatre millénaires. Récemment des chercheurs se sont appuyés sur l’analyse multispectrale pour révéler les secrets cutanés de 27 momies nubiennes. Provenant de trois sites différents, elles couvraient une période s’étendant de 350 avant notre ère à 1 400 de notre ère.

L’équipe a observé des changements clairs dans le style, l’emplacement et la prévalence des motifs, coïncidant avec l’essor du christiannisme en Nubie, à partir du VIIe siècle de notre ère.

Auparavant, les tatouages semblaient essentiellement réservés aux femmes. De taille réduite, ils consistaient généralement en une série de motifs ethniques, cantonnés aux mains ou aux avant-bras du sujet.

Nettement plus fréquents durant la période chrétienne, avec environ 19 % des dépouilles du site funéraire soudanais de Kulubnarti en portant, ils concernaient les deux sexes et étaient également réalisés sur des enfants. Les motifs les plus répandus étaient sans surprise des croix, souvent pratiquées sur le visage (front, tempes et joues). Des signes de superposition indiquent également qu’ils étaient renouvelés.

Affirmer sa foi et prévenir les maladies ?

Selon les auteurs de l’étude, publiée dans la revue PNAS, le caractère largement visible de ces tatouages, notamment évoqués par l’explorateur italien Marco Polo, suggère qu’ils constituaient pour les chrétiens nubiens un moyen d’affirmer leur foi, et d’identifier les personnes partageant leurs croyances, pendant une bonne partie du Moyen Âge.

L’équipe note également que cette pratique perdure aujourd’hui chez les chrétiens du Soudan, de l’Égypte et de l’Éthiopie.

La découverte de tatouages faciaux chez deux nourrissons âgés de 10 et 18 mois suggère que les habitants de la région attribuaient également une fonction protectrice à de tels encrages. Ils auraient notamment pu les pratiquer dans l’espoir de prévenir les symptômes du paludisme (maux de tête et fortes fièvres), faisant des ravages dans la région.

L’an passé, des chercheurs avaient découvert des tatouages uniques en examinant une momie andine vieille de 800 ans.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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