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L’ADN des chasseurs-cueilleurs d’un cimetière scandinave révèle des liens familiaux inattendus

Elle indique des relations étroites au-delà du cercle familial proche

Squelettes
Image d’illustration — Daria Yehorova / Shutterstock.com

Le séquençage génétique d’ossements humains exhumés d’un ancien cimetière néolithique suédois a réservé quelques surprises aux archéologues, contribuant à éclairer les pratiques funéraires des derniers chasseurs-cueilleurs de Scandinavie.

Le cimetière néolithique d’Ajvide

Fouillé depuis le début des années 1980, le site préhistorique d’Ajvide, sur l’île de Gotland, a livré 85 sépultures. Vieilles d’environ 5 500 ans, celles-ci ont été associées à un groupe de chasseurs-cueilleurs principalement connu à travers ses poteries en argile présentant des motifs géométriques réalisés par pression d’outils avant cuisson.

Sur la base des artefacts et ossements animaux découverts sur l’île au cours des dernières décennies, on estime qu’Ajvide a été occupé pendant au moins quatre siècles par cette culture, se consacrant à la chasse aux phoques et à la pêche, alors que les communautés agraires se développaient partout en Europe.

De façon intrigante, au moins quatre sépultures renfermaient les restes de plus d’un individu. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B, Tiina Mattila, de l’université d’Uppsala, et ses collègues ont séquencé l’ADN de plusieurs d’entre eux, révélant des degrés de parenté inattendus.

Des degrés de parenté inattendus

Alors que l’association des ossements d’une femme adulte, d’un jeune garçon et d’une fillette avait été interprétée comme celle d’une mère et de ses enfants, il s’est avéré que ces derniers étaient bien frère et sœur, mais que la première était la sœur de leur père ou leur demi-sœur. Une seconde sépulture contenait les restes de deux jeunes individus apparentés au troisième degré (probablement cousins), et une troisième les squelettes d’une fille et d’une jeune femme vraisemblablement cousines ou grand-tante et petite-nièce.

La quatrième et dernière tombe néolithique renfermait le squelette d’une adolescente, inhumée bras et jambes écartés, et sur la poitrine de laquelle avaient été placés les ossements d’un autre individu, qui s’est avéré être son père. Selon Mattila, l’hypothèse la plus probable est qu’il soit décédé avant elle, et que ses restes aient été exhumés et déplacés lorsqu’elle a été enterrée.

Décrite comme la première à avoir exploré les liens de parenté des chasseurs-cueilleurs néolithiques scandinaves, la nouvelle étude indique des relations étroites au-delà du cercle familial proche. De futurs séquençages contribueront à préciser la structure sociale des groupes de Gotland et en apprendre davantage sur leurs coutumes funéraires.

Précédemment, l’analyse de squelettes vikings également découverts sur l’île suédoise avait suggéré un intrigant rite initiatique.

Par Yann Contegat, le

Source: Live Science

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