
L’Histoire regorge d’épisodes insolites. Quelques semaines avant que l’Allemagne ne capitule, le commandant d’un sous-marin nazi a essentiellement condamné son équipage en tirant sa « chasse d’eau ».
Un système destiné à améliorer le confort et la furtivité des submersibles nazis
Durant la Seconde guerre mondiale, les sous-marins alliés stockaient les excréments et l’urine dans des fosses septiques, vidées lorsqu’ils refaisaient surface. Afin de gagner un volume précieux, les nazis utilisaient une approche bien différente, impliquant au départ leur expulsion en eaux peu profondes. De ce fait, lors de périodes d’immersion prolongées, leurs équipages devaient utiliser des seaux pour faire leurs besoins.
Afin d’améliorer le relatif confort à bord (et la furtivité des submersibles en limitant leurs remontées), les ingénieurs du Reich ont mis au point un système d’évacuation complexe, permettant de se débarrasser de ces encombrants sous des pressions écrasantes.
Ce système, composé de plusieurs chambres pressurisées, nécessite l’intervention d’un technicien spécialement formé. Celui-ci doit actionner une série de vannes dans un ordre rigoureux afin d’éviter toute infiltration d’eau de mer lors de l’éjection.
Le 14 avril 1945, alors que l’Unterseeboot 1206 se trouvait au large de l’Écosse, son jeune commandant Karl-Adolf Schlitt a eu la regrettable idée d’utiliser les toilettes de l’engin sans consulter préalablement le personnel qualifié.

De lourdes conséquences
L’homme, alors âgé de 27 ans, se rend rapidement compte que quelque chose cloche et prévient le technicien en charge du système. Ce dernier ne remarque pas qu’une vanne reste partiellement ouverte et en actionne une autre, provoquant le déversement d’une importante quantité d’eau de mer à l’intérieur du sous-marin.
Rapidement, l’eau salée atteint les batteries de l’engin. La réaction entraîne la libération d’un nuage de chlore qui menace d’asphyxier l’équipage, contraignant le sous-marin à remonter en catastrophe à la surface.
Repéré par un avion allié, il essuie des tirs et bombardements nourris qui endommagent gravement sa structure. Un membre d’équipage meurt pendant l’assaut, et trois autres se noient en tentant de rejoindre la terre ferme. Trente-six, dont Schlitt, sont capturés par le HMS Nodzu, et les dix restants, faits prisonniers lorsque leur radeau atteint la côté d’Aberdeen.
Il faut attendre plusieurs décennies avant que les restes de l’épave de l’Unterseeboot 1206 ne soient découverts, au large de la baie de Cruden.
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