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Sans moteur, sans carburant, sans laser géant : cette invention solaire pourrait rendre obsolètes nos fusées spatiales actuelles

Et si, pour aller plus loin dans l’espace, il suffisait simplement… de laisser faire le Soleil ? C’est la question posée par TARS, un concept de propulsion radicalement différent. Sans réacteur, sans carburant, sans laser géant, ce système s’appuie uniquement sur la lumière solaire, la rotation et l’ingéniosité pour repenser l’exploration spatiale lointaine.

Concept de propulsion solaire TARS utilisant la pression de la lumière du Soleil pour accélérer une sonde spatiale sans moteur ni carburant
Représentation artistique du concept TARS : un dispositif de propulsion exploitant la lumière solaire et la rotation pour accélérer des sondes spatiales sans carburant – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Transformer la lumière du Soleil en vitesse pure : le principe de la fronde spatiale qui permet d’accumuler puis libérer l’énergie

Au cœur de TARS (Torqued Accelerator using Radiation from the Sun), se trouve une idée simple mais redoutablement efficace : accumuler de l’énergie lentement, puis la libérer d’un seul geste. Concrètement, le principe évoque celui d’une fronde que l’on fait tourner de plus en plus vite. Toutefois, ici, la force motrice provient directement de la pression exercée par la lumière solaire.

Deux surfaces ultrafines composent le dispositif. D’un côté, une surface réfléchit les photons ; de l’autre, une seconde surface les absorbe. Ainsi, ce déséquilibre génère un couple de rotation permanent. Progressivement, le système accélère. Puis, lorsque la vitesse critique est atteinte, il libère une microsonde qu’il projette dans l’espace à très grande vitesse.

Le processus reste silencieux et progressif, presque minimaliste. En effet, aucun choc, aucune combustion ni poussée brutale ne viennent perturber l’ensemble. Au contraire, tout repose sur une montée en régime lente et continue, dictée par les lois de la physique, où la patience devient une condition essentielle pour atteindre des vitesses extrêmes.

Des matériaux simples, légers et déjà disponibles : le choix stratégique qui rend TARS crédible et reproductible

Contrairement à de nombreux projets interstellaires misant sur des infrastructures massives, TARS fait le choix de la sobriété technologique. Ainsi, l’objectif reste clair : réduire à la fois la masse, la complexité et les coûts. Pour y parvenir, la structure utilise des feuilles de nanotubes de carbone, des matériaux déjà disponibles aujourd’hui. Grâce à leur rapport résistance/poids exceptionnel, ces feuilles supportent sans difficulté les contraintes liées à la rotation.

Par conséquent, l’ensemble du dispositif ne pèserait que quelques kilogrammes. De plus, TARS n’embarque aucune source d’énergie propre. Pas de batteries à recharger, pas de carburant à stocker, ni de moteur à entretenir. Une fois déployé sur son orbite, le système fonctionne uniquement grâce au Soleil. Dès lors, cette simplicité ouvre la voie à des missions accessibles aux universités comme aux petites agences spatiales.

Une orbite non conventionnelle pensée pour rester face au Soleil et accumuler l’énergie sur de longues périodes

Exploiter efficacement la lumière solaire suppose de rester au bon endroit. En effet, trop près du Soleil, le système chuterait. À l’inverse, trop loin, il dériverait sous la pression des photons. C’est pourquoi TARS repose sur une orbite non conventionnelle, calculée avec une extrême précision.

Dans cette configuration, la gravité solaire et la pression de radiation s’équilibrent presque parfaitement. Ainsi, le dispositif conserve une distance constante tout en restant continuellement exposé à la lumière. Contrairement aux orbites classiques décrites par les lois de Kepler, le mouvement reste plus lent, mais surtout remarquablement stable.

Cette stabilité joue un rôle déterminant. En pratique, elle permet à TARS d’accumuler de l’énergie pendant des mois, voire des années, sans nécessiter de corrections majeures. Sans cet équilibre délicat, le rendement du système chuterait rapidement.

Une approche discrète mais réaliste qui pourrait transformer en profondeur l’exploration spatiale

TARS ne vise pas le transport d’équipages humains vers les étoiles. En revanche, le système pourrait envoyer des microsondes rapides, peu coûteuses et nombreuses, capables d’explorer l’espace interstellaire sous un angle totalement nouveau. Plutôt que de promettre l’impossible, cette approche propose une réinterprétation ingénieuse de principes physiques bien connus. Elle s’appuie sur des matériaux existants et des objectifs réalistes.

Or, l’histoire de la science le montre régulièrement : ce sont souvent ces idées discrètes, mais solides, qui finissent par transformer durablement notre manière d’explorer l’Univers. Peut-être que le futur de la propulsion spatiale ne sera ni bruyant ni spectaculaire. Peut-être reposera-t-il sur un mouvement lent, continu, porté par la lumière du Soleil.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Science & Vie

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