
Alors que l’on supposait que ces deux espèces de canidés sauvages coexistaient plutôt pacifiquement, un piège photographique placé dans une réserve italienne a révélé un comportement de prédation inattendu, impliquant un renard roux et un louveteau.
Des images inattendues
Cette scène inhabituelle a été filmée au sein du domaine de Castelporziano, près de Rome. Depuis leur réintroduction en 2016, la région abrite d’importantes populations de loups gris (Canis lupus), ayant à leur disposition un vaste éventail de proies, essentiellement des ongulés.
En avril 2025, les chercheurs avaient découvert deux sites de mise bas grâce aux données des traceurs GPS portés par les loups. Les images de la caméra placée près de l’entrée de l’une des tanières ont par la suite révélé la présence de deux louveteaux, ainsi que de plusieurs spécimens adultes à proximité.
Le 14 mai, un renard roux (Vulpes vulpes) a été aperçu en train d’explorer l’entrée de la structure. Deux jours plus tard, pendant la nuit, le même individu s’en est vraisemblablement pris à l’un des deux petits, alors qu’aucun loup adulte n’était présent.
Les images montrent le renard traînant le louveteau hors de sa tanière. Ce dernier parvient une première fois à lui échapper et à retourner à l’intérieur. Le renard s’y glisse et des glapissements sont clairement audibles. Le lendemain, un seul juvénile est filmé dans la zone. Si le renard a par la suite été vu près de la tanière, la meute de loups a rapidement quitté les lieux. Le louveteau survivant a été observé des mois plus tard.
Un acte opportuniste
Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Current Zoology, il s’agirait du premier cas documenté d’un renard roux attaquant, tuant et dévorant probablement un louveteau. L’abondance de proies potentielles à Castelporziano suggère davantage un acte opportuniste que de subsistance.
De futures observations similaires pourraient permettre de préciser à quelle fréquence ce type d’évènement se produit et éclairer les interactions entre populations de canidés sauvages appartenant à des espèces distinctes.
Globalement, ces travaux soulignent une nouvelle fois l’importance des pièges photographiques pour notre compréhension des comportements de la faune sauvage.
Il y a quelques mois, des images filmées au Canada avaient révélé un comportement étonnamment sophistiqué chez des loups, constituant un potentiel premier cas d’utilisation d’outil par cette espèce.